22 mai 2009
Salon du livre politique
Les vendredi 29, samedi 30 et dimanche 31 mai 2009 aura lieu un petit salon du livre politique au Lieu-dit (6 rue Sorbier - PARIS 20e - métro : Ménilmontant) en présence des éditions Agone, L'Altiplano, Dilecta, L’Echappée, Ere, La fabrique, Libertalia, Le Passager clandestin, Les Prairies ordinaires, Raisons d’agir, Rue des cascades et Zones.
Au cours de ce salon auront également lieu trois projections:
Vendredi 29 à 20h: des images de Gaza-strophe, le jour d’après (S. Abdallah, K. Mabrouk, 2009)
Samedi 30 à 20h: des images de Jaffa mon amour (E. Sivan, 2009)
Dimanche 31 à 16 h: Chomsky et Cie (O. Azam, D. Mermet, 2008)
Un petit salon du livre politique
Les 29, 30 et 31 mai 2009
de 15h à 22h
Entrée libre
Renseignements au 01 40 33 26 29 ou sur http://www.lelieudit.com/
Programme téléchargeable
08:26 Publié dans À lire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : livre, politique
30 septembre 2008
La Fabrique
Nous tenions aujourd'hui à vous parler d'une maison d'édition qui publie des livres remarquables, et qui contribue ainsi à enrichir le débat public... loin des banalités et autres bourrages de crânes des médias (notamment presse et télévision). Voici la (très belle, et émouvante) chronique de l'éditeur Eric Hazan, éditeur créateur avec des amis des éditions La Fabrique :
La Fabrique a 10 ans
À la Fabrique, les anniversaires ne sont pas notre fort. Je ne parlerai donc pas de ce mois de septembre 1998 où sont parus nos deux premiers livres – Aux bords du politique de Jacques Rancière et Le corps de l’ennemi d’Alain Brossat. Je n’évoquerai pas non plus les dix années écoulées : que nous soyons encore là, et pas trop mal en point, montre qu’il y a eu des libraires et des lecteurs pour nous soutenir. Et s’il est question d’années, je préfère penser aux dix prochaines.
La pression qui monte dans la marmite, le rétrécissement accéléré de ce qu’on appelle encore par habitude l’espace public, la critique devenue promotion croisée de valeurs saisonnières, le relativisme généralisé et la lâcheté académique : certains éditeurs, et non des moindres, n’y trouvent rien à redire, et même il semble que ce tableau leur convienne. D’autres, dont la Fabrique, ont plus de mal à s’en accommoder. Mais on le sait bien, ce n’est pas avec des livres que l’on vient à bout d’un système si fermement soutenu par la publicité et la police, entre autres médias.
Il y a pourtant bien des raisons de continuer. Les historiens, les philosophes célèbres ou anonymes qui nous font confiance, ceux qui font resurgir des textes engloutis dans le passé, ceux qui redonnent vie à l’hypothèse communiste, ceux qui explorent les territoires de la souffrance – celle des étrangers humiliés et pourchassés, des femmes voilées ou pas, des Palestiniens, des prisonniers, des banlieues françaises – tous ces auteurs continueront, espérons-le, à écrire pour nous avec un double effet : hâter la décomposition du capitalisme décadent et éviter de répéter les erreurs du passé le jour où le couvercle aura sauté. Quand tout renversement de l’ordre des choses semble relégué dans le lointain le plus problématique, c’est le moment de réfléchir sur un avenir qui peut commencer demain matin. Soyons réalistes, laissons les pragmatiques s’engluer dans leur utopie, n’oublions pas qu’à leur manière les livres sont des armes.
Eric Hazan
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Le 23 octobre, à l’occasion de l’anniversaire de La Fabrique, rencontre avec Eric Hazan au Comptoir des mots, 239 rue des Pyrénées, 75020 Paris. 20H
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22 juin 2008
La fabrique de l’information
Madame, Monsieur, Bonsoir…
Les dessous du premier JT de France
de Patrick Le Bel | Éditions du Panama | 15€
Présentation de l'éditeur
– Et si on en faisait un livre ?
– D'accord. Mais quand on partira. Impossible autrement.
– Impossible ? À TF1 TOUT EST POSSIBLE.
– Ça va être terrible, ils vont chercher... l'ambiance est déjà suffisamment plombée...
– On n'a rien à perdre, tout le monde y gagnera.
– Tu as raison. Et puis il ne s'agit pas de mettre le feu à la maison, juste de provoquer un électrochoc.
– Ils ont supprimé La Société des journalistes ; il n'y a plus de porte-parole, ce sera "Le livre".
– Ils diront qu'on crache dans la soupe.
– Ils diront "tout est faux".
– Il essaieront...
– Ils tiennent la presse média.
– Pas tout à fait, heureusement, et puis ce sera au moins lu par la rédaction, comme un compte-rendu d'assemblée générale...
Ce sera donc ce livre, écrit à dix mains, tous journalistes, tous dans la place, comme une petite bouteille à la mer jetée par des enfants gâtés de la télévision. Signé Patrick Le Bel, en hommage à un grand bâtisseur. Tout le monde veut faire de la télévision. Bienvenue au JT.
Un livre rempli de "jolies" révélations, même si l'on ne peut s'empêcher d'avoir l'impression que quelque part ces journalistes qui "crachent dans la soupe" apprécient de faire partie de la machination qu'ils dénoncent...
22:05 Publié dans À lire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Ça s'passe comme ça chez TF1
Madame, Monsieur, Bonsoir…
Les dessous du premier JT de France
de Patrick Le Bel | Éditions du Panama | 10€
Extrait
«Rendez-vous au quai.» Il y a des départs stressants, partir au dernier moment et sortir un sujet à temps. «C’est quoi l’affaire, en deux mots?», demande l’équipe. Grisant. Robert a raison, nous sommes vraiment les meilleurs. Le journaliste a beau être le seul responsable du résultat, il peut compter quoi qu’il arrive sur son équipe. «T’inquiète, ça va le faire.» Le preneur de son, déjà au volant, a réfléchi aux moyens d’éviter les embouteillages, le cameraman imagine ce qu’il doit tourner au plus vite sans finasser. Tout d’un coup, la pression retombe, il ne peut rien arriver de grave, on s’en sort toujours. Pas besoin de se parler dans ces cas-là, chacun sait ce qu’il doit faire. Tous les ingrédients sont réunis: le stress, une concentration maximum, une confiance réciproque – vous n’avez plus le choix, vous travaillez dans l’urgence. «Écris, je m’occupe du reste.» Lui c’est le monteur, à mes côtés dans le camion de diffusion. Il repère sur une cassette qui tourne à tout vitesse les plans qu’il va utiliser. «Tu commences comment?» Je lui lis le début de mon texte: tout avait pourtant bien commencé, le sitting avait des allures de pique-nique printanier… «Commence autrement, je n’ai que des plans de bousculade et de fins de bagarre, on est arrivé trop tard.» Après deux heures de rixes, la police n’a toujours pas maîtrisé ces étudiants… «Monte-moi vingt-cinq secondes de bordel, on mettra ensuite deux témoins.» Le cameraman a fait lui-même les interviews, je n’avais pas le temps. Le preneur de son dépose les cassettes et prévient: «Laisse tomber la première nana, elle est mauvaise, les deux suivants sont meilleurs.» Le monteur a entendu, qui les sélectionnera sans perdre de temps à écouter les autres témoignages. Il est 19 heures 30, le 20 heures veut un direct, il sait que je dois être en place à moins cinq.
– Après les interviews, tu veux quoi ?
– J’en sais rien, t’as quoi ?
– Je te mets un plan large avec les passants qui regardent effarés.
– Parfait, en plan de fin un blessé, si tu ne les as pas tous mis au début.
21:43 Publié dans À lire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
11 juin 2008
Salariés, si vous saviez
Salariés, si vous saviez...
Dix idées reçues sur le travail en France
de Gérard Filoche | La Découverte | 10€
Présentation de l'éditeur :
« "Le droit du licenciement doit être assoupli", "les 35 heures n'ont pas profité aux salariés", "les charges sociales sont trop lourdes", "les fonctionnaires sont des privilégiés", "à terme, on ne pourra plus financer les retraites", etc. Telles sont quelque unes des idées reçues qui dominent le débat public sur le travail en France.
En dix réponses critiques, chiffres à l'appui, Gérard Filoche bat ici en brèche ces préjugés distillés par la vulgate néolibérale pour tenter de liquider un siècle de conquêtes sociales et justifier une vaste offensive contres les droits de la majorité active : les salariés. »
Un petit manuel de 130 pages que l'on aurait aimé avoir eu sous le coude au cours d'un très grand nombre de conversations, pour enfin démontrer par A + B que non, les fonctionnaires ne sont pas de "gros flemmards privilégiés", que la sécu n'est pas "vouée à disparaître" ou que la réforme des retraites n'est pas "inévitable".
Très utile pour casser dans les esprits un bon nombre de clichés et partir à la reconquête des vraies valeurs du travail.
22:47 Publié dans À lire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
02 avril 2008
J'accuse !
Le 13 février 1898, Zola lance un cri dans la presse : « J’accuse ! » Pour avoir voulu « la lumière au nom de l’humanité », Zola doit s’exiler un an à Londres. En référence à cet engagement personnel et courageux, la collection « J’accuse ! » propose de révéler les crimes et les injustices perpétrés par des hommes contre des hommes aujourd’hui.
Le dernier titre de la collection vient de paraître :
de Virginie Lydie (http://virginielydie.hautetfort.com/)
Présentation de l’éditeur
Le débat sur les étrangers en situation irrégulière est un thème majeur de la vie politique et sociale française. Pourtant, ce débat ne laisse pas beaucoup de place aux étrangers eux-mêmes : on ne les entend jamais.L’ouvrage de Virginie Lydie nous présente leurs « paroles clandestines », simples, directes, qui nous questionnent sur le désarroi et les espérances d’êtres humains à la fois rejetés et exploités. Ces témoignages illustrent des situations très diverses :
• D’abord W., un Indien très cultivé qui, pour s’en « sortir », doit changer régulièrement de job.
• Puis K., qui ne veut pas dire son pays d’origine, et qui, après avoir été ballotté par la vie sans papiers, se retrouve actuellement en prison.
• J., Camerounais, malgré ses diplômes et une situation stable, ne parvient pas à faire revenir sa femme en France.
• Enfin, O., un journaliste centrafricain, qui craint pour sa vie et ne dispose pourtant pas des papiers qui lui permettraient de vivre en France en toute sécurité.
Un dossier important sur les migrations et sur les droits des migrants complète ces témoignages inédits. Il nous donne la mesure des difficultés que rencontrent les sans-papiers, en butte à un véritable dédale réglementaire, aux évolutions de la loi et de son application.
L’entretien avec Serge Daniel, journaliste béninois pour Radio France International qui a enquêté pendant plus de six mois sur les pas des candidats africains à l’immigration en Europe, apporte un éclairage précieux sur ce qui se passe en amont en Afrique.
Virginie Lydie est l’auteure de plusieurs articles et livres documentaires, et de fictions pour la jeunesse. Pour l’écriture de cet ouvrage, elle a rencontré pendant de très longues heures les sans-papiers qui témoignent ici.
Créée en 1939 pour venir en aide aux personnes déplacées par la guerre, la Cimade agit depuis pour l’accueil et la défense des étrangers et des demandeurs d’asile en France. Elle soutient également des partenaires dans les pays du Sud.
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17 février 2008
Démocratie et dépendance des médias
À l’heure où la concentration fait rage dans l’édition, et plus globalement dans les médias, il est important de comprendre les enjeux de la défense de maisons d’édition ou de presse indépendantes. En effet, actuellement, quelques grands groupes (Lagardère, Wendel-investissement, Bertelsmann, Wolter-Kluwer) détiennent à eux seuls tous les éléments de la chaîne de diffusion des idées (maisons d’édition, journaux, télévisions, points de vente).
Voici un texte éclairant sur l’importance des médias dans le débat démocratique.
« Le débat démocratique suppose l’expression de tous les courants d’idées. Les éditeurs de livres politiques font des choix sur les combats politiques qu’ils soutiennent. L’existence de nombreuses maisons d’édition réellement indépendantes est la condition de l’expression de tous les courants d’idées et de la confrontation des points de vue. À l’autre pôle de la chaîne du livre, le maintien d’un réseau dense de librairies indépendantes conditionne la diffusion du livre politique.
Que le livre de José Bové, ou d’autres leaders médiatiques de droite comme de gauche, soit édité par Vivendi n’est pas une manifestation de diversité. Cela traduit au contraire une situation où les acteurs de la vie politique estiment avoir besoin d’être publiés par les majors pour être lus. Cette situation est inquiétante pour la démocratie, car la vie politique suppose que les leaders puissent être lus de toutes façons. Si les majors sont les seuls éditeurs qui leur permettent d’y parvenir, cela signifie que les majors contrôlent ce qui est bon de faire entendre dans le champ politique. C’est un pouvoir exorbitant !
Dans l’approche marketing, dans la meilleure des hypothèses, le livre répond à une demande. Or en matière politique, il est nécessaire que le livre ne soit pas une simple réponse à une demande. Des analyses nouvelles et originales, importantes pour le débat public, doivent pouvoir paraître même si elles ne répondent pas à une demande préalable. Prenons le cas de la guerre d’Algérie. Supposons qu’avant de publier La question d’Henri Alleg (1958) ou L’affaire Audin de Pierre Vidal-Naquet (1958), Jérôme Lindon, directeur des éditions de Minuit, ait fait une étude de marché pour savoir si cela répondait à une demande, ces livres n’auraient pas été publié. Et, le fonctionnement de la démocratie en aurait été altéré. »
Si la question vous intéresse : Janine et Greg Brémond, L’Édition sous influence, éditions Liris, 2e édition, 2004.
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