25 avril 2008
À bas l'État policier
celle qu’on a pas dénoncée
ce fut de nous envoyer
en réponse à nos questions
vos hommes bien lunettés
bien casqués, bien boucliés
bien grenadés, bien soldés
nous nous sommes mis à crier
À bas l'État policier
À bas l'État policier
À bas l'État policier
Parce que vous avez posté
dans les cafés, dans les gares
vos hommes aux allures bizarres
pour ficher, pour arrêter
les Krivine, les Joshua
au nom de je n’sais qu’elle loi
et beaucoup d’autres encore
nous avons crié plus fort
À bas l’État policier...
Mais ce n’était pas assez
pour venir à bout de nous
dans les facs à la rentrée
vous frappez un nouveau coup
face aux barbouzes, aux sportifs
face à ce dispositif
nous crions assis par terre
Des Beaux-Arts jusqu’à Nanterre
À bas l’État policier...
Vous êtes reconnaissables
vous les flics du monde entier
les mêmes imperméables
la même mentalité
mais nous sommes de Paris
de Prague et de Mexico
et de Berlin à Tokyo
des millions à vous crier
À bas l’État policier...
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23 avril 2008
Abus dans les stages
Témoignage paru dans Le Monde de l'éducation de février 2008:
"2 000 euros payés 300
Sans travail à la sortie de mon école de commerce, je me suis rabattu sur un stage dans une entreprise de marketing. Je gérais la communication de six clients à qui mon patron facturait 2 000 euros mensuels mes services. Doté d'une carte professionnelle et d'une ligne directe, je passais pour un employé lambda. Sauf que j'étais indemnisé 300 euros par mois.
Nicolas, 27 ans"
07:06 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19 avril 2008
Massacre du code du travail
Déjà publié en partie le 11 janvier 2008
Massacre du code du travail dans le silence général
Gérard Filoche inspecteur du travail.
Libération - vendredi 23 novembre 2007
Le code du travail va être réécrit en quelques heures à l’Assemblée nationale, le 27 novembre et le 4 décembre.
En 2005, une commission de cinq «rédacteurs» avait été mise en place et il était prévu de publier le nouveau code en mai-juin 2006 si la grande mobilisation victorieuse contre le CPE ne l’avait empêché. Au forcing, l’UMP a glissé dans la loi «sur le développement de l’actionnariat salarié», publiée le 30 décembre 2006, un «cavalier parlementaire», l’article 57, renouvelant les délais du 1er janvier au 30 septembre. Puis le ministre Gérard Larcher a annoncé qu’ils allaient le passer avant la présidentielle. Tous les syndicats ont protesté : «Ne faites pas de coup de force, pas à marche forcée !» Mais Larcher, Villepin, Chirac et Sarkozy l’ont imposé quand même, le 7 mars, en Conseil des ministres. On a donc pu, dans ce pays, en dépit de l’opposition totale des syndicats, changer le code du travail de fond en comble.
On est, depuis le 1er octobre, dans une zone de non-droit : quel code s’applique, l’ancien ou le nouveau ? La partie réglementaire serait prête le 1er janvier 2008, applicable le 1er mars 2008 au plus tard. La partie législative n’entrerait, semble-t-il, mais c’est contesté, en vigueur qu’à ce moment-là.
Sur le fond, ils n’ont rien simplifié, ils ont complexifié : «Plusieurs mois, voire plusieurs années seront sans doute nécessaires pour que ce nouveau code révèle tous ses secrets», a reconnu Christian Redé, l’un des cinq rédacteurs du «comité d’experts».
Il y avait 271 subdivisions, on en arrive à 1 890. Il y avait 1 891 articles de loi, il y en a 3 652 ! Ils ont déclassé près de 500 lois en décrets modifiables à l’avenir… sans repasser par le Parlement. Ils font s’écrouler toutes les jurisprudences, abrogent des articles clés, restructurent le fond théorique et pratique du code. Tout est modifié. Dans les questions d’hygiène, de santé, de sécurité, les obligations des employeurs sont devenues un élément avec «les obligations des travailleurs» faisant partager les risques et responsabilités avec les salariés – ce qui est un recul décisif d’un siècle !
Certaines catégories de salariés sont externalisées vers d’autres codes : salariés agricoles, assistants maternels, salariés du transport, des mines, de l’éducation, marins, dockers. Les contrats de travail sont de plus en plus précaires avec la permissivité à l’égard du marchandage du prêt de main-d’œuvre : intérim et CDD, salariés détachés, pigistes, indépendants, etc. Les moyens de contrôle de l’inspection du travail sont démantelés, ainsi que les obligations d’information de l’employeur (registres, affichage). On a une quasi-suppression du droit pénal du travail : plus de sanctions prévues en récidive pour les employeurs. Les prud’hommes sont quasi supprimés, le nombre de délégués baisse. La question de la durée du travail est renvoyée à la partie «salaires».
L’apprentissage a été chassé de la partie «contrat de travail» pour être renvoyé à la formation professionnelle. Le droit de grève a été introduit dans la partie «négociation collective» alors que c’est un droit constitutionnel non négociable. L’inspection du travail, indépendante des gouvernements en place du fait de la convention 81 de l’Organisation internationale du travail, a été renvoyée dans la partie «administration du travail».
Tous les professionnels – syndicalistes, inspecteurs du travail, juristes, avocats, magistrats – signent des pétitions, des appels contre ce massacre. Des recours devant le Conseil d’Etat ont été déposés contre cette étrange procédure, alors le gouvernement envisage de passer par l’Assemblée plus tôt que prévu : le 27 novembre en commission. Ce n’est pas un classique débat parlementaire, il s’agit de ratifier une ordonnance. On peut encore rétablir ce qui a été supprimé (nous avons fait le travail, avec quelques inspecteurs du travail, et proposons environ quatre cents modifications pour réintroduire le droit constant).
Le code du travail, c’est le droit le plus intime, le plus quotidien, pour seize millions de salariés du privé, mais aussi le droit le moins connu, le plus contesté, le plus fraudé. C’est la base de l’Etat de droit dans l’entreprise. C’est le seul droit qui protège – trop fragilement – et contribue à fixer le coût de la force de travail de 91 % de la population active.
C’est un droit évolutif, élaboré en cent trente ans, avec des hauts et des bas, minutieusement, sous l’impact des luttes sociales et politiques. Chaque ligne, chaque article, chaque alinéa représente de la sueur et des larmes, des souffrances et des grèves, des victoires et des échecs, produits de toute l’histoire des mouvements sociaux de notre pays. C’est un texte de notre droit qui ne devrait pas être réécrit. Ce qui est effrayant, c’est le silence général, déterminé, étouffant sur une telle affaire. Pas de une. Pas de débat. Pas d’explication. Motus et bouche cousue de tous. Il paraît que c’est «trop compliqué» pour «intéresser les gens» alors que la vie de seize millions de salariés en dépend et qu’ils savent, souvent instinctivement, ce qui va en résulter pour eux : des conditions de travail dégradées, une souffrance accrue, une protection moindre, des salaires bloqués et des droits syndicaux diminués.
10:06 Publié dans Code du travail | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12 avril 2008
"Réduire les dépenses publiques"

Photos prises sur le site de 20Minutes.
Reuters / Sipa / Sipa / Sipa / AFP ¦ Carla Bruni-Sarkozy à Londres, Rachida Dati à l'inauguration de la nouvelle boutique Dior, Christine Lagarde, Rama Yade et Michèle Alliot-Marie à l'Elysée.
"Votre pouvoir d'achat, je n'en ai rien à ...." Ah bon, ils ne l'ont pas dit ?
Mais ces derniers temps ils le pensent tellement fort que ça résonne dans nos oreilles...
09:40 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
10 avril 2008
Le logement social menacé
En raison d’une réforme imposée par l’Union européenne, Le financement des HLM est fortement menacé. Voir à ce sujet l’article de Libération du 4 avril dernier dont voici quelques extraits :
Toutes les banques pourront distribuer le Livret A à partir du 1er janvier 2009.
Une réforme de l’épargne populaire qui pourrait affecter les ressources allouées aux HLM.
Court-circuitée. Christine Boutin, la ministre du Logement, aurait souhaité «inscrire la réforme du Livret A» dans son projet de loi relatif au logement en cours de préparation. «Je me bagarre pour cela», avait-elle souligné début mars. La ministre voulait ainsi «signifier» symboliquement que le plus célèbre des produits d’épargne, détenu par 45 millions de Français, resterait, malgré la réforme imposée par Bruxelles, étroitement associé au financement du logement social. Cette réforme, qui entrera en application en janvier 2009, autorisera toutes les banques à distribuer le Livret A, mettant ainsi fin au monopole des Caisses d’Epargne et de la Banque Postale.
(…)
Mais il vrai qu’au prétexte d’une libéralisation de la distribution du Livret A aux banques, le gouvernement est en train de revoir en profondeur un système original et unique en Europe : une épargne populaire liquide centralisée à la Caisse des dépôts et consignations (CDC) qui parvient à financer des prêts au très long cours pour construire des HLM. Car la réforme remet en cause le principe de la centralisation à la CDC de l’intégralité de la collecte du Livret A (120 milliards d’euros). Si le projet de loi est adopté tel quel, seule une partie (autour de 70 %) serait centralisée, les établissements bancaires gardant le reste de l’épargne collectée. L’affaire tombe à point pour les banques, en prise avec des problèmes de liquidités depuis la crise des «subprimes» (lire ci-dessous). Mais pour les HLM, cette entorse à la centralisation risque «à moyen ou long terme» d’assécher la ressource (lire page 3). Bercy juge cette crainte infondée et met en avant la compensation que constituera une plus grande centralisation de la collecte du Livret de développement durable (ex-Codevi).
Tonino Serafini
12:36 Publié dans Traité européen | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
02 avril 2008
J'accuse !
Le 13 février 1898, Zola lance un cri dans la presse : « J’accuse ! » Pour avoir voulu « la lumière au nom de l’humanité », Zola doit s’exiler un an à Londres. En référence à cet engagement personnel et courageux, la collection « J’accuse ! » propose de révéler les crimes et les injustices perpétrés par des hommes contre des hommes aujourd’hui.
Le dernier titre de la collection vient de paraître :
de Virginie Lydie (http://virginielydie.hautetfort.com/)
Présentation de l’éditeur
Le débat sur les étrangers en situation irrégulière est un thème majeur de la vie politique et sociale française. Pourtant, ce débat ne laisse pas beaucoup de place aux étrangers eux-mêmes : on ne les entend jamais.L’ouvrage de Virginie Lydie nous présente leurs « paroles clandestines », simples, directes, qui nous questionnent sur le désarroi et les espérances d’êtres humains à la fois rejetés et exploités. Ces témoignages illustrent des situations très diverses :
• D’abord W., un Indien très cultivé qui, pour s’en « sortir », doit changer régulièrement de job.
• Puis K., qui ne veut pas dire son pays d’origine, et qui, après avoir été ballotté par la vie sans papiers, se retrouve actuellement en prison.
• J., Camerounais, malgré ses diplômes et une situation stable, ne parvient pas à faire revenir sa femme en France.
• Enfin, O., un journaliste centrafricain, qui craint pour sa vie et ne dispose pourtant pas des papiers qui lui permettraient de vivre en France en toute sécurité.
Un dossier important sur les migrations et sur les droits des migrants complète ces témoignages inédits. Il nous donne la mesure des difficultés que rencontrent les sans-papiers, en butte à un véritable dédale réglementaire, aux évolutions de la loi et de son application.
L’entretien avec Serge Daniel, journaliste béninois pour Radio France International qui a enquêté pendant plus de six mois sur les pas des candidats africains à l’immigration en Europe, apporte un éclairage précieux sur ce qui se passe en amont en Afrique.
Virginie Lydie est l’auteure de plusieurs articles et livres documentaires, et de fictions pour la jeunesse. Pour l’écriture de cet ouvrage, elle a rencontré pendant de très longues heures les sans-papiers qui témoignent ici.
Créée en 1939 pour venir en aide aux personnes déplacées par la guerre, la Cimade agit depuis pour l’accueil et la défense des étrangers et des demandeurs d’asile en France. Elle soutient également des partenaires dans les pays du Sud.
17:52 Publié dans À lire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
01 avril 2008
Hommage
Je voudrais, sans la nommer,
Vous parler d'elle
Comme d'une bien-aimée,
D'une infidèle,
Une fille bien vivante
Qui se réveille
À des lendemains qui chantent
Sous le soleil.
{Refrain:}
C'est elle que l'on matraque,
Que l'on poursuit que l'on traque.
C'est elle qui se soulève,
Qui souffre et se met en grève.
C'est elle qu'on emprisonne,
Qu'on trahit qu'on abandonne,
Qui nous donne envie de vivre,
Qui donne envie de la suivre
Jusqu'au bout, jusqu'au bout.
Je voudrais, sans la nommer,
Lui rendre hommage,
Jolie fleur du mois de mai
Ou fruit sauvage,
Une plante bien plantée
Sur ses deux jambes
Et qui traine en liberté
Où bon lui semble.
{Refrain}
Je voudrais, sans la nommer,
Vous parler d'elle.
Bien-aimée ou mal-aimée,
Elle est fidèle
Et si vous voulez
Que je vous la présente,
On l'appelle
Révolution Permanente !
{Refrain}
Sans la nommer ©Georges Moustaki, 1969
23:56 Publié dans Chansons | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : liberté
