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07 mai 2008
Info brute (dépêche AFP)
Pondichéry, 160 euros/mois : polémique autour d'une offre low cost de l'ANPE
04/05/2008 16h19 - SOCIAL-EMPLOI-CHÔMAGE-FRANCE-INDE - Monde (FRS) - AFP
PARIS, 4 mai 2008 (AFP) - Une offre d'emploi "low cost" à Pondichéry, en Inde, rémunéré en roupies indiennes l'équivalent de 160 à 320 euros par mois, a déclenché la polémique ce week-end entre l'ANPE, des syndicalistes et le PS, alors que le gouvernement s'apprête à durcir les obligations pour les chômeurs.
Révélée par Le Parisien, cette offre à prix cassé porte sur un poste d'informaticien niveau Bac+2, spécialisé dans la conception de sites web.
La connaissance de l'anglais courant et technique est requise, le salaire proposé est de "10.000 à 20.000 roupies" pour "40H00 hebdomadaires", selon l'offre consultable dimanche sur le site ANPE. "Protection sociale et avantages à négocier", précise l'annonce dont le PS a demandé le "retrait immédiat", dénonçant son "cynisme indécent".
Pour Alain Lecanu du syndicat des cadres CFE-CGC, "c'est incroyable, la mention +protection sociale à négocier+, c'est carrément du marchandage".
Selon lui, "cela montre bien qu'on a beaucoup de travail à faire sur la qualité des offres d'emploi", au moment où le gouvernement s'apprête à durcir la législation pour obliger les salariés au chômage à accepter un emploi, même moins payé ou plus éloigné que souhaité.
"Est-ce que, pour le gouvernement, cela fait partie des offres raisonnables d'emploi?", s'est-il interrogé, à deux jours d'une première grande réunion sur l'avenir de l'assurance chômage avec les syndicats, le patronat et la ministre de l'Economie et de l'Emploi Christine Lagarde.
"C'est une offre difficile à refuser en tant qu'agent ANPE, car elle correspond aux salaires légaux indiens", a estimé pour sa part Bernie Billey, déléguée CFDT à l'ANPE, qui est néanmoins "choquée" car "cela ressemble plutôt à un stage" et "étonnée car il y a beaucoup d'informaticiens de qualité en Inde".
"Pourquoi expédier quelqu'un là-bas ? Même en admettant qu'on puisse vivre correctement avec ce salaire, encore faut-il se payer le billet aller-retour", note-t-elle.
Interrogé sur RTL, le directeur de l'ANPE, Christian Charpy, s'est étonné de la polémique: "le salaire proposé est quatre à cinq fois supérieur au salaire moyen en Inde. Chacun est libre de faire ou non une expérience d'expatriation et je ne vois vraiment pas pourquoi on se pose la question de savoir si cette offre est légitime ou pas légitime".
Parmi ses 3 à 4 millions d'offres collectées chaque année, l'ANPE en propose de nombreuses à l'étranger, mais à des salaires français (comme 20.000 à 35.000 euros annuels pour un poste de développeur informatique à Casablanca, au Maroc).
Pour qui veut absolument partir en Inde, une entreprise de transit international cherche par exemple un délégué commercial à New Delhi... payé 20.000 à 40.000 dollars US.
Selon le Journal du Dimanche, l'offre à Pondichéry émane d'une agence web fondée en 1997 à Jonzac en Charente-Maritime, développant des services internet et délocalisée à Pondichéry depuis 2007 sous le nom de Hangar 17 ICT.
Son dirigeant, Denis Delcroix, injoignable dimanche, a nié dans le JDD avoir sollicité l'ANPE, mais reconnu déposer des offres similaires sur d'autres sites de recrutement: "Je suis dans mon droit, je suis une entreprise indienne, j'embauche aux conditions locales", a-t-il affirmé.
"La globalisation du marché m'a amené à ce nouveau positionnement stratégique" afin de "continuer à apporter des solutions toujours plus innovantes, à des tarifs ultra-compétitifs", explique son site à l'adresse des clients, parmi lesquels des marques de cognac du groupe LVMH, collectivités, industriels... et l'ANPE elle-même.
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