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06 juin 2008

Le cas Éditis

Devant les sommes impressionnantes que se partagent sans se cacher quelques dirigeants de Wendel et d’Éditis, les salariés se mobilisent.

Fin mai, le fonds d’investissement Wendel a cédé le groupe d’édition Editis (qui regroupe notamment Nathan, Pocket, Le Robert, Plon, Robert Laffont) à l’Espagnol Planeta pour la modique somme d’un milliard d’euros, réalisant ainsi une plus-value d’environ 350 millions d’euros. Sur cette somme, 79 millions sont allés à Ernest-Antoine Seillière, PDG, et 83 millions à Lafonta, directeur général de Wendel. À Editis seuls douze dirigeants se sont allègrement partagés 35 millions d’euros.
Depuis quelques jours on assiste donc à une vague de protestation chez les 2 500 salariés d’Éditis, choqués de voir ces chiffres circuler sous leurs yeux, alors que c’est leur travail qui a permis à l’entreprise de prospérer. On parle même d’une injure faite à l’ensemble des salariés d’Éditis qui créent réellement de la valeur dans ce groupe et qui le rendent, par leur travail, plus rentable et plus profitable. Planeta ne s’y est pas trompé, lui, en mettant 350 millions d'euros de plus sur la table pour être sûr d’acquérir Éditis !

Les syndicats se sont lancés dans des négociations pour demander que la même somme de 35 millions d’euros soient également mise à la disposition des 2 500 salariés d’éditis. Était-ce trop demander par rapport aux 350 millions de plus-value ? Par rapport aux 35 millions qui filent tout droit dans les poches de seulement douze personnes ? Réponse d’Alain Kouck, PDG d’éditis : il cède généreusement 600€ par employé. 2 500 x 600 = 1 500 000. Malheureusement pour Monsieur Kouck, ce n'est pas parce que l'on fait des livres que l'on ne sait pas compter !

Et aujourd’hui, coup de grâce. Au moment où plusieurs centaines de personnes se sont réunies sur les Champs Élysées devant le siège d’Éditis et qu’une pyramide de livres s’érigent lentement, les chiffres et les noms tombent. C'est 37 millions d'euros* que se partageraient douze dirigeants d'Editis ainsi qu'une quinzaine de managers de Wendel. Alain Kouck a obtenu 11,32 millions. Onze autres cadres du groupe ont récolté de l'ordre de 1,2 million d'euros chacun. Parmi les bénéficiaires, Pierre Dutilleul, directeur délégué d'Editis, Jean-Pierre Alic et Olivier Fornaro - le premier responsable de la distribution, le second de la diffusion - et les directeurs des maisons : Jean Arcache (Presses, Solar, Belfond), Leonello Brandollini (Robert Laffont), Jean-Claude Dubost (Univers Poche), Catherine Lucet (Nathan) et Olivier Orban (Plon). Une manne qui correspond à une mise initiale estimée à 700 000 euros pour M. Kouck et de l'ordre de 75 000 euros pour les autres cadres d'Editis.

Et pour les salariés ? Il ne reste rien à Wendel, souffle Editis aux représentants des syndicats venus négocier, il faut demander à Planeta (oui, vous conviendrez tout comme moi que c'est une réplique pour le moins inattendue et légèrement dénuée d'intelligence et de bon sens)… Réponse définitive le 9 juin.


* Selon Le Monde du 6 juin 2008

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Le 6 juin 2008, sur les Champs Élysées, les salariés d'Éditis ont chacun déposé un livre sur le pavé, en symbole de la pierre qu'ils ont tous apportée à la construction d'Éditis.


 

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