30 septembre 2008

La Fabrique

Nous tenions aujourd'hui à vous parler d'une maison d'édition qui publie des livres remarquables, et qui contribue ainsi à enrichir le débat public... loin des banalités et autres bourrages de crânes des médias (notamment presse et télévision). Voici la (très belle, et émouvante) chronique de l'éditeur Eric Hazan, éditeur créateur avec des amis des éditions La Fabrique :

La Fabrique a 10 ans

À la Fabrique, les anniversaires ne sont pas notre fort. Je ne parlerai donc pas de ce mois de septembre 1998 où sont parus nos deux premiers livres – Aux bords du politique de Jacques Rancière et Le corps de l’ennemi d’Alain Brossat. Je n’évoquerai pas non plus les dix années écoulées : que nous soyons encore là, et pas trop mal en point, montre qu’il y a eu des libraires et des lecteurs pour nous soutenir. Et s’il est question d’années, je préfère penser aux dix prochaines.

La pression qui monte dans la marmite, le rétrécissement accéléré de ce qu’on appelle encore par habitude l’espace public, la critique devenue promotion croisée de valeurs saisonnières, le relativisme généralisé et la lâcheté académique : certains éditeurs, et non des moindres, n’y trouvent rien à redire, et même il semble que ce tableau leur convienne. D’autres, dont la Fabrique, ont plus de mal à s’en accommoder. Mais on le sait bien, ce n’est pas avec des livres que l’on vient à bout d’un système si fermement soutenu par la publicité et la police, entre autres médias.

Il y a pourtant bien des raisons de continuer. Les historiens, les philosophes célèbres ou anonymes qui nous font confiance, ceux qui font resurgir des textes engloutis dans le passé, ceux qui redonnent vie à l’hypothèse communiste, ceux qui explorent les territoires de la souffrance – celle des étrangers humiliés et pourchassés, des femmes voilées ou pas, des Palestiniens, des prisonniers, des banlieues françaises – tous ces auteurs continueront, espérons-le, à écrire pour nous avec un double effet : hâter la décomposition du capitalisme décadent et éviter de répéter les erreurs du passé le jour où le couvercle aura sauté. Quand tout renversement de l’ordre des choses semble relégué dans le lointain le plus problématique, c’est le moment de réfléchir sur un avenir qui peut commencer demain matin. Soyons réalistes, laissons les pragmatiques s’engluer dans leur utopie, n’oublions pas qu’à leur manière les livres sont des armes.

Eric Hazan

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Le 23 octobre, à l’occasion de l’anniversaire de La Fabrique, rencontre avec Eric Hazan au Comptoir des mots, 239 rue des Pyrénées, 75020 Paris. 20H

23 septembre 2008

Mouvement social à La Poste

Voici les dernières nouvelles de la grève qui a lieu à La Poste ce mardi 23 septembre, en raison du changement de statut annoncé pour 2010 :

Près d'un quart des postiers en grève contre le changement de statut
Dépêche de l’AFP. Il y a 4 heures

PARIS (AFP) — Cinq syndicats appelaient les 300.000 postiers à faire grève mardi et à participer à des rassemblements organisés partout en France contre la "privatisation" de l'entreprise publique qui doit changer de statut en 2010.

Près d'un quart des postiers (24,7%) était en grève mardi matin contre le changement de statut de La Poste, selon les premières estimations de la direction, Sud-PTT ayant pour sa part précédemment annoncé un taux de 40%.

"L'appel à la grève pour la journée nationale de mobilisation du (mardi) 23 septembre 2008 lancé par CGT, Sud, FO, CFDT, CFTC est suivi par 24,7% du personnel de La Poste, selon les premières estimations", indique la direction de La Poste dans un communiqué. La direction a précisé à l'AFP avoir recensé 200 bureaux de poste fermés, n'étant pas en mesure de signaler d'éventuelles perturbations dans le courrier.

"La Poste met tout en oeuvre pour assurer l'accueil de ses clients et la continuité de service, que ce soit dans les domaines du courrier, du colis et de la Banque postale afin que les perturbations soient les plus faibles possibles pour l'ensemble de ses clients, particuliers comme entreprises", a ajouté la porte-parole.

Selon la CGT et Sud-PTT, respectivement premier et deuxième syndicat, près de 40% de postières et postiers étaient en grève mardi matin. Sud-PTT y voit un "message très clair pour le gouvernement" et un "désaveu" pour le président de l'entreprise publique Jean-Paul Bailly tandis que la CGT salue "une très grande journée".

Six Français sur dix disent ne pas être favorables à un changement de statut de La Poste, selon un sondage CSA publié par l'Humanité mardi, jour d'une grève des . Selon cette enquête, 61% des personnes interrogées se déclarent "pas favorable" au changement de statut (21% plutôt pas et 40% pas du tout). A l'inverse, 29% y sont "favorables" (21% plutôt et 8% tout à fait). 10% ne se prononcent pas.

Au total, plus de quarante rassemblements ou manifestations sont organisés, selon la CGT: Agen, Nevers, Auxerre, Saint-Brieuc, Bordeaux, Besançon, Guéret, Nantes, La Rochelle, Lille, Toulouse, Nîmes, etc. A Paris, un cortège partira à 14H00 de la Rue du Bac (7e arr) pour rejoindre le siège de La Poste, rue de Vaugirard (15e arr).

Lors des derniers mouvements unitaires, moins d'un postier sur cinq avait fait grève, un palier que les organisations syndicales (CGT, Sud, FO, CFDT, CFTC) espèrent bien dépasser cette fois: "25% à 30%, ce serait bien", a estimé Jacques Lemercier (FO). Premier syndicat à La Poste, la FAPT-CGT, qui annonce avoir recueilli plus de 160.000 signatures sur une pétition intitulée "Touche pas à ma poste", prédit une journée "très forte".

Selon un sondage CSA publié mardi par l'Humanité, 61% des Français disent ne pas être favorables à un changement de statut de La Poste. Les organisations syndicales, soutenues par plusieurs partis politiques de gauche dont le Parti socialiste, y voient une "première étape vers la privatisation" qui affecterait l'emploi et la qualité du service public.

Le gouvernement, qui planche sur le dossier, a reçu syndicats, associations de consommateurs et élus début septembre, avant que l'Elysée n'annonce la création d'une commission sur l'avenir de La Poste composée d'élus et de responsables syndicaux.

Une décision qui n'a pas calmé les syndicats: Colette Duynslaeger (CGT) y voit "un encouragement" à la mobilisation qui "montre que le gouvernement est en difficulté dans ce dossier".

Le projet de changement de statut de La Poste prévoit que l'entreprise publique devienne une société anonyme dès janvier 2010 puis qu'elle ouvre son capital un an plus tard afin de lever des fonds.

Nouvelle menace sur le service public

Vu sur : http://lamouette.blog.lemonde.fr/
Le 23 septembre 2008

« La Poste ou la persistance de l’erreur européenne

La privatisation de la Poste engagée de façon insidieuse depuis deux mois constitue l’un des derniers grands coups de butoir contre la notion de service public à la Française. Obnubilée par une libéralisation à tous crins, l’Union Européenne, sous prétexte de concurrence libre et non faussée, est engagée dans une voie destructrice qui suscite de légitimes inquiétudes.

En France nous avons nos particularités et notamment une certaine idée de l’aménagement du territoire et du rôle de l’Etat. A ce titre La Poste et ses 12.000 bureaux répartis sur tout le territoire, constitue tout comme la SNCF des services publics qui pendant des décennies ont été le cœur de la république et le ferment du sentiment d’appartenance à une communauté qui s’appelle la France.

Face aux résistances qui se dessinent des 300 000 postiers et du monde rural, on a beau jeu de nous garantir que contrairement aux « affirmations simplistes » il  n’est nullement question de privatiser l’opérateur postal. Point de souci donc, on a trouvé mieux que le service public : des entreprises privées à qui on confie un service universel dont le respect est garanti par des missions inscrites dans la Loi.

Selon les tenants de cette audacieuse théorie, le service public sentirait le renfermé et plierait sous le poids de la poussière qui en gripperait tous les rouages. « Il » serait notamment incapable d’évoluer, de moderniser ses infrastructures. L’argument est insidieux. En clair, le privé gérerait mieux que le public. Comparons ce qui peut l’être. Les objectifs ne sont pas les mêmes.

Les usagers savent eux en pratique qu’il vaut mieux habiter dans une commune où la distribution de l’eau est assurée par des régies publiques plutôt que des grands groupes spécialisés dans le domaine de l’environnement. Les factures sont généralement moins salées et les réseaux à la fin de la concession en meilleur état. (...) »


Source : AFP
« Le secrétaire général de FO Jean-Claude Mailly a estimé mardi qu'une "privatisation" de la Poste n'était pas "incontournable" pour apporter des fonds à l'entreprise, souhaitant un débat "beaucoup plus large" sur une décision qui remettrait en cause, selon lui, le service public.

"Pendant toutes les semaines à venir, les postiers doivent maintenir la pression pour que le capital ne soit pas ouvert", a-t-il déclaré sur France Info, rappelant les "précédents" de France Telecom ou Gaz de France, "où les pouvoirs publics ont dit +On va juste ouvrir un peu le capital, ne vous inquiétez pas+ et quelques années après l'entreprise est devenue privée".

"Cette privatisation n'est pas incontournable", pour le leader de FO. "La directive européenne sur la libéralisation du courrier n'oblige pas ipso facto à ce que La Poste soit privatisée. Le président de la Poste dit qu'il faut trouver de l'argent d'ici quelques années, ce n'est pas forcément ouvrir le capital (...) on pourrait imaginer que des fonds publics viennent abonder les besoins", a-t-il expliqué.

Car, a affirmé M. Mailly, "si on privatise demain la Poste, certains services publics ne seront plus rendus", comme l'ouverture de comptes pour les Rmistes, qui "dans une structure complètement privée (...) ne seront pas rentables".

"Un service public n'est pas fait pour être rentable, mais pour être efficace", a estimé le leader de FO, soulignant que "la Poste a déjà beaucoup évolué ces dernières années". »

Il a prévenu qu'"à force de remettre en cause tous les services publics un par un, on ne sera plus une République". "Alors que les débats aient lieu clairement et ne soient pas menés en catimini. Les postiers ne sont pas les seuls concernés, mais l'ensemble des citoyens, c'est la raison pour laquelle on veut élargir le débat", a ajouté M. Mailly.

14 septembre 2008

Révoltant...

Article paru dans France soir le 4 septembre 2008 :

Expulsion - Alors qu'elle est atteinte d'une sclérose en plaques

Ananie se retrouve à la rue à 53 ans en fauteuil roulant


Depuis trois ans, Ananie Moreau recherche en vain un logement parisien adapté à son handicap. Ses propriétaires souhaitaient revendre l'appartement qu'elle occupe. Hier, elle a été expulsée.

À l'heure où beaucoup évoquent la solidarité avec les personnes en difficulté, l'histoire d'Ananie Moreau, 53 ans, vient rappeler qu'aujourd'hui de nombreux dysfonctionnements, dans la prise en charge des personnes handicapées subsistent encore. Cela fait 15 ans qu'Ananie habite dans le 5e arrondissement de Paris, rue des Boulangers.
(...)

Logement adapté introuvable
Oui mais voilà, il y a trois ans, les propriétaires privés qui lui louent son logement décident de vendre. Ananie n'a d'autre choix que de quitter les lieux dans un délai habituel et de trouver un nouvel appartement adapté à son handicap. Durant trois ans, elle va multiplier les démarches auprès de la mairie de Paris et de l'OPAC (HLM de Paris), où son dossier de demande de logement social est renouvelé chaque année depuis 15 ans. En vain, puisqu'à chaque proposition qu'on lui soumet, son fauteuil pose problème. "Souvent, elle ne pouvait pas rentrer dans l'ascenceur. Or, impossible pour elle de prendre des escaliers, elle a besoin d'un logement en rez-de-chaussée, explique Ursula Escrich, son assistante sociale. D'autres fois, c'était à l'intérieur même de l'appartement qu'elle ne pouvait pas ciruler." (...) Il y a quelques temps, le Préfet de Police lui fixe un ultimatum. "Je vous inivte à accepter toute proposition que les services sociaux pourront vous faire avant la date du 1er septembre 2008. La prise en considération de l'évolution de votre maladie pourra intervenir dans une prochaine recherche, à moyen terme, d'un logement plus adapté."

"C'est terrible"

Or ce lundi, date butoir, Ananie n'avait toujours pas trouvé de solution. Cinq policiers se sont présentés à son domicile, accompagnés d'un huissier. Pendant que sa famille, à savoir sa soeur et son mari, se voyaient refuser l'entrée de l'appartement, Ananie a dû rassembler seule en une dizaine de minutes quelques affaires, avant d'être explusée sur le trottoir, en fauteuil roulant. "J'en ai même oublié des médicaments", confiait-elle hier.
(...) Pour le moment, Ananie est hébergée par sa soeur, qui n'a pourtant pas un appartement adapté à sa maladie. Elle espère cependant beaucoup d'un appartement HLM disponible qu'elle a visité, toujours dans le 5e arrondissement, qui correspondait à ses critères.
Lors d'un entretien que la secrétaire d'État à la Solidarité, Valérie Létard, a accordé hier à France Soir au sujet de la rentrée scolaire, la ministre a indiqué qu'elle examinerait, à titre tout à fait exceptionnel, la possibilité de dégager une solution au titre du contingent préfectoral.

Alexandra Gonzalez
Avec Aurélien Cantié

06 septembre 2008

Non à Edvige !

Pour obtenir l’abandon du fichier EDVIGE instituant le fichage systématique et généralisé, dès l’âge de 13 ans, par la police des délinquants hypothétiques et des militants syndicaux, politiques, associatifs et religieux

Signer la pétition

Sans débat public préalable, le gouvernement, par un décret publié au Journal officiel du 1er juillet 2008, a considérablement accru les capacités de fichage de nos concitoyens. Ce fichage sera assuré, à l’avenir, par la Direction centrale de la sécurité publique (fusion des Renseignements Généraux et de la DST).

À cette fin, un nouveau fichier policier sera mis en place sous le nom d’EDVIGE (Exploitation documentaire et valorisation de l’information générale). Il recensera, de manière systématique et généralisée, toute personne « ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui joue un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif ». Sans exception, toutes les personnes engagées dans la vie de la cité sont donc visées.

En outre, ce fichage vise à permettre la collecte de renseignements identitaires sur les « suspects » (personne mais également groupe) simplement considérés, par la police, comme susceptibles, à l’avenir et de manière totalement hypothétique, de porter atteinte à « l’ordre public ».

Il permettra de compiler toutes les notes de renseignements telles que : état civil, photographie mais aussi fréquentations, comportement, déplacements, appartenance ethnique, vie sexuelle, opinions politiques, philosophiques, religieuses, appartenances syndicales et associatives …

La police sera autorisée à consulter ce fichier en cas d’enquêtes administratives pour l’accès à certains emplois.

Les mineurs ne seront pas épargnés puisque fait sans précédent dans notre République et particulièrement choquant, leur fichage sera autorisé dès l’âge de 13 ans et cela sans qu’aucune infraction n’ait été commise et sur la seule base de leur dangerosité présumée.

Cette initiative gouvernementale, porteuse à l’évidence de nombreuses dérives, s’inscrit résolument dans le cadre de la mise en place d’une politique sécuritaire ouvertement revendiquée.

Le gouvernement est passé outre aux réserves émises par la Commission nationale Informatique et Libertés concernant ce fichier qui, dès sa parution, a suscité les plus vives réprobations de multiples organisations associatives, syndicales et politiques.

C’est pourquoi les organisations et les personnes signataires de cet appel :

- exigent le retrait du décret autorisant la mise en place du fichier EDVIGE qui institue un niveau de surveillance des citoyens totalement disproportionné et incompatible avec une conception digne de ce nom de l’état de droit,

- sollicitent le soutien et la signature de tous nos concitoyens et de toutes les organisations attachées aux libertés publiques, au respect de la vie privée et des droits de l’enfant,

- s’engagent à se constituer, dès le mois de septembre 2008, sous forme de Collectif afin de prendre toute initiative utile visant à obtenir des pouvoirs publics qu’ils renoncent à la mise en place du fichier EDVIGE.


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