27 octobre 2008

Public-privé : mêmes problèmes, même combat

À ceux qui veulent désolidariser les employés du privé et du public, nous rappelons que les suppressions d'emplois et les mauvaises conditions de salaires concernent tout le monde... Voici deux dépêches intéressantes :

Fonctionnaires: plusieurs milliers d'agents dans les rues de Paris

PARIS, 23 octobre 2008, 17h28 (AFP) -
Entre 6.600 (police) et 25.000 (syndicat) agents des trois Fonctions publiques (Etat, hospitalière, territoriale), dont de nombreux policiers et hospitaliers, ont défilé jeudi à Paris à l'appel de Force ouvrière, notamment pour leurs salaires et contre la réforme de l'Etat.

Partis de la place Denfert-Rochereau (XIVe), les manifestants, venus de toute la France, se sont rendus à la place Vauban (VIIe), derrière une banderole revendiquant pèle-mêle "l'augmentation des salaires et pensions", "la défense des valeurs républicaines", "du service public" et "du statut de la Fonction publique".

Ils ont dénoncé "la RGPP (réforme générale des politiques publiques, lancée par le gouvernement, prévoyant notamment le non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite) et la mobilité imposée".

Les manifestants, qui comptaient dans leurs rangs de nombreux fonctionnaires de la santé et des collectivités territoriales, ont notamment crié "Ho hisse, ho hisse pour le point d'indice, plus haut, plus haut, pas de statut quo" et "Avec Sarko pas un euro, il nous mène en bateau! Avec Santini pas un penny aujourd'hui ça suffit!".

Un gros contingent de policiers a défilé, les syndicats SGP-FO et Unsa-Police côte à côte, derrière des pancartes "poulets plumés = démotivés" et "Du fric pour les flics".

"Si on peut s'endetter pour les banquiers, on peut s'endetter pour les hôpitaux, ça me paraît logique", a déclaré le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, expliquant que certains hôpitaux, se voyant refuser des prêts par Dexia, étaient obligés d'aller voir les banques.

"On est là pour tirer la sonnette d'alarme, il faut stopper la RGPP. Il faut que le président respecte un engagement pris il y a un an, d'un vrai débat sur la place des services publics dans notre société", a-t-il ajouté.

Il a également dénoncé une "contradiction fondamentale" de Nicolas Sarkozy après la crise: "Il est antilibéral au niveau international et il suit le Medef au niveau national".

"Comme il est le patron des fonctionnaires en quelques sorte, qu'il laisse aussi un peu de marge de manoeuvre à ses ministres pour négocier avec les fonctionnaires", a-t-il ajouté.

Dans le cortège, Patrice Boussin, agent de maîtrise à l'hôpital de Carvin (Pas-de-Calais), a expliqué ne pas avoir "eu un centime d'augmentation depuis quatre ans".

"Après 35 ans de travail, je suis à 1.575 euros net. Quand on voit le coût de la vie qui s'envole, aujourd'hui ça devient dur, très dur", a-t-il précisé, entouré de délégations venues d'Aquitaine, de Salon-de-Provence et de Montpellier.

Le responsable FO-Fonction Publique Gérard Noguès a estimé que "le 23 octobre est un point de départ" avant d'autres mouvements pour "se faire entendre".

"Pour l'instant, la réorganisation des services de l'Etat se fait dans un cabinet ministériel, et ça s'impose aux préfets sans qu'on leur demande leur avis, on va fermer des hôpitaux sans demander l'avis des citoyens... Ça ne va pas".

sva/im/prh  © 1994-2008 Agence France-Presse


Les principaux plans de suppressions d'emplois annoncés depuis janvier en France

PARIS, 24 octobre 2008, 13h25 (AFP) - Voici les plus gros plans de réductions d'effectifs annoncés en France depuis début 2008:

- PSA: 1.090 emplois

Le groupe automobile français annonce le 15 janvier un plan de "départs volontaires" concernant 1.090 salariés répartis sur cinq sites.

- Caisse d'Epargne: 4.500 postes non remplacés

Le groupe indique le 10 mai qu'il va supprimer 4.500 postes d'ici 2012 en utilisant uniquement la "gestion des départs naturels". Les effectifs totaux s'élèvent à 52.000.

- Natixis: 850 emplois

La banque d'affaires française annonce le 29 mai la suppression de 850 emplois sur 22.000, auxquels s'ajouteront selon un syndicat 800 autres suppressions d'emplois chez les prestataires extérieurs. Le calendrier n'est pas précisé.

- Imperial Tobacco: 1.060 emplois

Le fabricant britannique de cigarettes annonce le 19 juin la suppression d'environ 2.440 emplois, dont 1.060 en France (sur 4.700), suite à l'acquisition de son concurrent franco-espagnol Altadis (ex-Seita). Cela devrait entraîner en France la fermeture des usines de Metz et Strasbourg.

- Doux: 647 emplois

Le groupe volailler annonce le 10 juillet la fermeture de deux sites à Locminé (Morbihan) et Châtelet (Cher) et la réduction de l'activité de Pleucadeuc (Morbihan), entraînant, selon les syndicats, la suppression de 647 postes au total.

- SFR/Cegetel: 776 emplois

L'opérateur de télécoms SFR-Neuf Cegetel confirme le 1er juillet la suppression de 776 postes et la création de 326 autres, soit un solde de 450 postes (5% des effectifs), dans le cadre d'un plan de départ volontaires lié à la fusion des deux groupes.

- Tyco Electronics: 620 emplois

Le groupe électronique annonce le 4 septembre qu'il va fermer trois usines en France et en Espagne d'ici 15 mois, dans le cadre d'une restructuration de ses activités européennes. En France, quelque 620 emplois devraient être supprimés suite à la fermeture des usines de Chapareillan (Isère) et de Val de Reuil (Eure), qui produisent des composants électroniques pour l'industrie automobile, ainsi que du regroupement des activités administratives du site de Cergy-Saint-Christophe avec celles de Pontoise (Val-d'Oise).

- Renault: 4.900 emplois

Le groupe automobile français indique le 9 septembre qu'il prévoit d'ici avril 2009 un plan de 4.000 "départs volontaires en France", dont 1.000 à Sandouville (Seine-Maritime).

Le 25 septembre, il annonce en outre la suppression de 2.000 emplois dans ses filiales européennes, dont 900 en France.

- Camif: 509 emplois

Le groupe de vente par correspondance basé à Niort annonce le 28 août la suppression de 509 postes, quatrième plan social en huit ans. Un bilan qui pourrait s'alourdir après l'annonce, le 23 octobre, du dépôt de bilan de Camif Particuliers (780 salariés) et Camif SA (200 salariés).

- Crédit Agricole/Calyon: 500 emplois

La banque française annonce le 10 septembre un "plan de réduction des coûts" visant à réaliser 300 millions d'euros d'économies d'ici fin 2009. Il se traduit par la suppression de 500 emplois dans le monde, dont 250 en France, au sein de sa filiale de banque d'affaires Calyon.

- Sanofi-Aventis: 927 emplois

La direction de la filiale commerciale du groupe pharmaceutique Sanofi-Aventis en France annonce le 2 octobre un "projet de réorganisation" entraînant "la suppression de 927 postes" dans l'Hexagone, principalement des visiteurs médicaux.

- Hewlett-Packard: 580 emplois

Le groupe d'informatique annonce le 9 octobre que son vaste plan de suppressions d'emplois en Europe (9.330 emplois) annoncé le 25 septembre concernera en France 580 postes au total en France, dont 500 au sein de sa nouvelle filiale EDS.

- Adecco: 600 emplois

Le groupe de travail temporaire Adecco annonce le 16 octobre la suppression de 600 emplois en France d'ici le mois de juin 2009, en "privilégiant les départs volontaires", en raison d'un "retournement de conjoncture".

- La Redoute: 672 emplois

La Redoute (Redcats, PPR), spécialiste de la vente à distance, annonce le 21 octobre la suppression de 672 emplois d'ici 4 ans, en fermant notamment ses 81 points de contacts en France, en raison du "déclin de la vente par correspondance traditionnelle".

doc-soc-jba/vdr/ds  © 2008 Agence France-Presse

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