09 novembre 2008
Les syndicats souhaitent la mobilisation des salariés face à la crise
PARIS, 5 novembre 2008 - Les principaux syndicats, réunis mercredi, ont affirmé "que la mobilisation des salariés est un impératif" face aux conséquences sociales de la crise financière, mais en repoussant à une nouvelle rencontre, le 24 novembre, le lancement d'un mot d'ordre précis.
Les huit organisations (CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT, FO, FSU, Solidaires, Unsa) "mesurent la gravité de la situation économique et sociale et le risque qu’on fasse payer aux salariés, demandeurs d’emploi et retraités, les conséquences de la crise en particulier en termes d’emplois, de salaires et de précarité", selon un communiqué commun.
"La mobilisation des salariés est un impératif", a poursuivi le communiqué, en ajoutant que "plusieurs propositions sont en débat" sur les formes à donner à cette mobilisation. Les huit organisations "ont décidé de se revoir le 24 novembre".
"Devant l’inquiétude, l’indignation, voire l’exaspération des salariés, elles estiment de leur responsabilité d’engager un travail commun pour construire des revendications à adresser aux pouvoirs publics et au patronat (...) Elles condamnent toute politique de déréglementation et de dérégulation économique et sociale. Elles interpellent le gouvernement et le patronat pour qu’ils prennent la mesure de la situation", selon le texte.
Après près de trois heures de discussions, les participants n'ont toutefois pas caché des divergences sur le bon moment pour passer à l'action dans "un calendrier compliqué avec des mobilisations déjà prévues, les élections prud'homales qui mobilisent les militants et les fêtes de fin d'année" (CGT).
La CGT et Solidaires ont réaffirmé leur volonté de mobiliser les salariés rapidement, la première n'excluant pas de lancer ses propres "initiatives avant la fin novembre".
Marcel Grignard (CFDT) a, lui, estimé que "le bon moment, c'est le début d'année prochaine".
Force Ouvrière a rappelé sa volonté d'une journée de grève interprofessionnelle, tout en soulignant qu'il faut "prendre le temps de construire un rapport de force (...) pour une réaction solide et efficace".
La CFTC a rejoint ce point de vue estimant, par la voix de sa vice-présidente Gabrielle Simon, qu'"il faut construire une mobilisation qui serait sous la forme d'une grève mais que, à l'issue de cette grève, on fasse des propositions".
"Le fait de définir une plate-forme de revendications devrait permettre de trouver les éléments de mobilisation communs", a estimé Jean Grosset (Unsa), se félicitant de discussions "franches et loyales".
Les cinq syndicats représentatifs (CGT, CFDT, FO, CFE-CGC, CFTC) au niveau national avaient été reçus lundi à l'Elysée, avant un sommet du G20 sur la crise économique internationale. A la sortie, ils ont dénoncé la politique de "dérégulation" suivie par Nicolas Sarkozy en lui réclamant une réunion "d'urgence" sur la situation sociale en France.
© 1994-2008 Agence France-Presse
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05 novembre 2008
SNCF : grève chez les conducteurs
Rappel des faits : trafic SNCF perturbé en raison d’un préavis de grève non reconductible allant de mercredi 20H00 à vendredi 08H00.
Dans tous les médias vous trouverez les pourcentages de perturbation, les lignes touchées, pas touchées, les horaires des trains, etc. Mais les vraies questions ne sont-elles pas : qui fait grève, à l'appel de qui et surtout pourquoi ?
QCM :
a. parce que ce sont des terroristes qui aiment prendre les gens en otage ;
b. parce qu’ils ont trop d’argent, à ne savoir qu’en faire ;
c. parce qu’ils ont leurs raisons et des revendications précises.
Réponse c. Voici un extrait de la dépêche AFP, pour de premiers éléments de réponse :
« Ce mouvement de grève est dû au projet de la direction de modifier la réglementation du travail des conducteurs du fret, au motif d'une nécessaire adaptation pour faire face à la concurrence du privé. Le marché du fret est ouvert à la concurrence depuis 2006.
Une grève avait déjà été observée les 9 et 10 juin à l'appel de CGT-Sud-FO à ce sujet.
La CGT et Sud, mais aussi la Fgaac (conducteurs autonomes) et la CFDT qui n'ont pas appelé à la grève, estiment que ces nouvelles conditions de travail (durée maximale de conduite, temps de repos) seraient "dégradées" et seraient un recul pour la santé des agents de conduite, leur vie de famille et la sécurité de la circulation des trains.
La CGT estime aussi que les nouvelles règles sont le prélude à "une remise en cause du statut de cheminot" et qu'elles seront "à terme appliquées à tous les conducteurs". La branche fret compte 4.400 conducteurs.
Des négociations sur ces modifications ont été engagées en mars mais ont échoué au printemps, et une commission paritaire (Etat, direction SNCF, syndicats) est prévue le 12 novembre pour les entériner.
Entre-temps, la direction a lancé cet été un appel à des volontaires pour conduire des trains de fret sous un statut "transitoire" intégrant ces nouvelles règles. 800 conducteurs se seraient portés volontaires.
La CGT a demandé mardi le report de la réunion du 12 novembre, tandis que la Fgaac -deuxième syndicat chez les conducteurs derrière la CGT- et la CFDT ont demandé à reprendre la concertation. Dans le cas contraire, la Fgaac et la CFDT, désormais adossées l'une à l'autre, menacent "d'un conflit d'envergure". »
© 1994-2008 ; Agence France-Presse ; 5/11/08, 13h04
16:57 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
01 novembre 2008
Plus d'Etat, moins de fonctionnaires: équation impossible pour les syndicats
PARIS, 24 octobre 2008, 16h07 (AFP) - Les syndicats ont jugé vendredi contradictoire la volonté affichée par Nicolas Sarkozy de remettre l'Etat au coeur de l'économie, au moment même où, selon eux, il affaiblit son bras armé en diminuant le nombre des fonctionnaires, une équation impossible à leurs yeux.
Le président a détaillé jeudi des mesures "exceptionnelles" de soutien à l'économie, dont la création d'un fonds d'investissement public chargé d'intervenir "massivement" dans les entreprises en difficulté. "Tout concourt à ce que nous nous interrogions sur la redéfinition du rôle de l'Etat dans l'économie", a-t-il souligné, dénonçant "l'idéologie de la dictature des marchés".
Dans le même discours, évoquant les récentes manifestations de fonctionnaires, le chef de l'Etat a déclaré: "Que des gens viennent de bonne foi nous demander en réponse à la crise (...) davantage d'emplois publics, je me demande s'ils ont bien compris dans quel monde nous vivons!".
La FSU, première fédération de la Fonction publique d'Etat, lui a immédiatement reproché de "jeter une nouvelle fois les fonctionnaires en pâture à l'opinion". "A un moment où cette crise touche l'économie dite réelle, peut-on se permettre de refuser d'investir dans les services publics", a-t-elle demandé.
"Ce n'est quand même pas au moment où tout le monde dit qu'il faut un retour de l'Etat (...) qu'il faut le démanteler", a également déclaré le secrétaire général de FO Jean-Claude Mailly, en référence aux 30.600 suppressions de postes de fonctionnaires prévues en 2009.
"Est-ce que l'Etat a aujourd'hui encore les moyens de vérifier que les décisions qu'il prend sont bien appliquées?", s'est-il interrogé, soulignant que "ce n'est plus le cas aux Etats-Unis", où "les hauts fonctionnaires disent ne plus être assez nombreux pour vérifier que l'argent" débloqué par les pouvoirs publics pour faire face à la crise financière "va bien dans le circuit" prévu.
François Chérèque (CFDT) a quant à lui décrit "un Nicolas Sarkozy qui a quelques accents étatistes au niveau économique mais qui, au niveau social, s'inspire beaucoup du thatchérisme".
Pour le politologue René Mouriaux, le "volontarisme" du président "se heurte à des contradictions profondes". "Plus la société se complexifie, plus on a besoin de fonctionnaires pour répondre aux besoins croissants", a-t-il déclaré à l'AFP.
"L'allongement de la durée de vie et le nombre croissant de personnes âgées dépendantes fait qu'on a besoin de plus de personnels dans les hôpitaux, les maisons de retraite", a-t-il ajouté. De même, en matière d'écologie par exemple, "on a et on aura un besoin croissant de contrôle de la qualité de l'eau, du lait, etc".
Une situation qu'illustre un récent documentaire de France 2 sur des actes de maltraitance dans une maison de retraite.
Après avoir mis l'accent sur les sanctions qu'elle entendait infliger à l'établissement dont elle ne connaissait alors pas le nom, la secrétaire d'Etat à la Solidarité Valérie Létard a découvert qu'il souffrait de gros problèmes d'effectifs - 16 postes d'infirmiers et autant de postes d'aide-soignants non pourvus - et annoncé la création d'une "cellule de recrutement pour procéder à ces embauches".
Pour la fédération CGT des services publics, M. Sarkozy risque en outre de "garrotter les collectivités locales", avec des exonérations de la taxe professionnelle qui les finance en partie. D'un côté, on "renfloue les banques avec 360 milliards d'euros d'argent public", de l'autre on "asphyxie le service public territorial", a-t-elle déploré.
bur-cca/jba/prh © 1994-2008 Agence France-Presse
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