22 mars 2009
Réponse du Premier ministre
Le Premier ministre, François Fillon, sur le plateau de TF1 le 19 mars au soir, a une fois de plus exclu un "nouveau plan de relance" de l'économie face à "une inquiétude très légitime" lors de la journée de mobilisation, mais à laquelle, selon lui, les mesures déjà adoptées répondent.
"J'écoute les Français tous les jours, ceux qui ont manifesté aujourd'hui et qui étaient nombreux, qui expriment une inquiétude qui est très légitime face à une crise mondiale d'une très grande gravité", a ajouté M. Fillon. "J'agis pour les défendre et les protéger", a-t-il affirmé.
Selon lui, il faut "attendre" que le premier plan de relance de 26 milliards d'euros lancé en décembre "produise ses effets" et notamment "des emplois qui vont être sauvés et qui ont déjà été sauvés", "des mesures pour aider la trésorerie des entreprises", une extension du recours au chômage partiel et sa meilleure indemnisation. Un effort important a selon lui déjà été consenti avec la suppression des deux tiers provisionnels de l'impôt sur les revenus 2008 pour les foyers relevant de la première tranche d'imposition et le crédit d'impôt accordé à deux autres millions de contribuables. "Six millions de Français vont voir leur impôt sur le revenu diminué en 2009 des deux tiers", a-t-il insisté. "Tous les Français comprennent qu'on ne peut pas aller au-delà" car d'une part le déficit public, déjà "doublé" cette année en serait aggravé et "ce serait empêcher la reprise" alors que "des signes" dans ce sens existent "pour l'année 2010".
Totalement en phase avec la majorité UMP à l'Assemblée nationale qui a étouffé jeudi la fronde d'une partie de ses membres en refusant de toucher au bouclier fiscal – qui limite les impositions à 50% du revenu–, M. Fillon a estimé que "la sortie de cette crise ne passe pas par la fuite des capitaux" et "par l'augmentation des impôts".
Seule véritable annonce : la mise en place d'un comité de suivi qui se réunira chaque mois "pour vérifier que les mesures prises sont appliquées" et efficaces". "Le cas échéant, s'il faut adapter ces mesures, on les adaptera", a-t-il fait valoir.
Mais "la mobilisation ne résoudra pas les problèmes de la crise mondiale", a-t-il ajouté répétant qu'il n'y aura pas d'augmentation du Smic, l'une des revendications des syndicats et de l'opposition. "Ce n'est pas la priorité dans une crise aussi grave. (...) La priorité c'est la mobilisation pour l'emploi, c'est de sauver les emplois".
D'après une dépêche de l'Agence France-Presse
La rédaction de Lautrinfo a elle aussi vu Monsieur Fillon à la télévision (et note d’ailleurs qu’il a choisi une chaîne privée…). Nous avons constaté que Madame Ferrari ne posait que des questions sur la crise, laissant champ libre au premier ministre pour affirmer qu’il n’est pas responsable de la crise, mondiale, et que la France n’est pas le pays le plus touché. Et tous les deux « d’oublier » les revendications précises des Français qui défilaient... Les salariés des entreprises privées disaient non aux délocalisations (démarrées bien avant la crise), les enseignants-chercheurs disaient non à la destruction de l’université (la crise n’y est pour rien), les infirmières et médecins disaient non à la destruction de l’hôpital public, les avocats disaient non à la destruction de la Justice, etc., etc., etc. la liste est longue des sujets qu’ils auraient pu aborder et des revendications auxquelles Monsieur Fillon s’est bien gardé de répondre…
12:12 Publié dans Manifestations | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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