23 mars 2009

Disparition du juge d'instruction

On critiquait l'organisation de la justice, sa lenteur et la "toute puissance" du juge d'instruction... On offre maintenant cette toute puissance au Parquet, qui sera chargé d'enquêter. Or les membres du Parquet sont soumis à l'autorité du ministre de la justice quand le juge d'instruction était un membre du Siège à l'abri de toute injonction politique. Il fallait encadrer cette fonction, on la supprime et encore une fois sous l'ère Sarkosy le remède est pire que la maladie...

Un autre problème se pose avec la disparition du juge d'instruction. Celui-ci instruisait à charge et à décharge, c'est-à-dire qu'il enquêtait et essayer de démêler le vrai du faux. Le Procureur (magistrat du Parquet) agit "à charge", qui s'occupera de la "décharge" ? L'accusé lui-même ? Comment fera-t-il s'il est en incarcération provisoire en attendant son procès ? Un riche se paiera des enquêteurs... et un pauvre ?

Pour en savoir plus... Voici au moins un article de Robert Badinter, ancien ministre de la justice.

22 mars 2009

Réponse du Premier ministre

Le Premier ministre, François Fillon, sur le plateau de TF1 le 19 mars au soir, a une fois de plus exclu un "nouveau plan de relance" de l'économie face à "une inquiétude très légitime" lors de la journée de mobilisation, mais à laquelle, selon lui, les mesures déjà adoptées répondent.

"J'écoute les Français tous les jours, ceux qui ont manifesté aujourd'hui et qui étaient nombreux, qui expriment une inquiétude qui est très légitime face à une crise mondiale d'une très grande gravité", a ajouté M. Fillon. "J'agis pour les défendre et les protéger", a-t-il affirmé.

Selon lui, il faut "attendre" que le premier plan de relance de 26 milliards d'euros lancé en décembre "produise ses effets" et notamment "des emplois qui vont être sauvés et qui ont déjà été sauvés", "des mesures pour aider la trésorerie des entreprises", une extension du recours au chômage partiel et sa meilleure indemnisation. Un effort important a selon lui déjà été consenti avec la suppression des deux tiers provisionnels de l'impôt sur les revenus 2008 pour les foyers relevant de la première tranche d'imposition et le crédit d'impôt accordé à deux autres millions de contribuables. "Six millions de Français vont voir leur impôt sur le revenu diminué en 2009 des deux tiers", a-t-il insisté. "Tous les Français comprennent qu'on ne peut pas aller au-delà" car d'une part le déficit public, déjà "doublé" cette année en serait aggravé et "ce serait empêcher la reprise" alors que "des signes" dans ce sens existent "pour l'année 2010".

Totalement en phase avec la majorité UMP à l'Assemblée nationale qui a étouffé jeudi la fronde d'une partie de ses membres en refusant de toucher au bouclier fiscal – qui limite les impositions à 50% du revenu–, M. Fillon a estimé que "la sortie de cette crise ne passe pas par la fuite des capitaux" et "par l'augmentation des impôts".

Seule véritable annonce : la mise en place d'un comité de suivi qui se réunira chaque mois "pour vérifier que les mesures prises sont appliquées" et efficaces". "Le cas échéant, s'il faut adapter ces mesures, on les adaptera", a-t-il fait valoir.

Mais "la mobilisation ne résoudra pas les problèmes de la crise mondiale", a-t-il ajouté répétant qu'il n'y aura pas d'augmentation du Smic, l'une des revendications des syndicats et de l'opposition. "Ce n'est pas la priorité dans une crise aussi grave. (...) La priorité c'est la mobilisation pour l'emploi, c'est de sauver les emplois".

D'après une dépêche de l'Agence France-Presse

La rédaction de Lautrinfo a elle aussi vu Monsieur Fillon à la télévision (et note d’ailleurs qu’il a choisi une chaîne privée…). Nous avons constaté que Madame Ferrari ne posait que des questions sur la crise, laissant champ libre au premier ministre pour affirmer qu’il n’est pas responsable de la crise, mondiale, et que la France n’est pas le pays le plus touché. Et tous les deux « d’oublier » les revendications précises des Français qui défilaient... Les salariés des entreprises privées disaient non aux délocalisations (démarrées bien avant la crise), les enseignants-chercheurs disaient non à la destruction de l’université (la crise n’y est pour rien), les infirmières et médecins disaient non à la destruction de l’hôpital public, les avocats disaient non à la destruction de la Justice, etc., etc., etc. la liste est longue des sujets qu’ils auraient pu aborder et des revendications auxquelles Monsieur Fillon s’est bien gardé de répondre…

Manifestations record depuis le début du règne de Nicolas Sarkozy

manif_19mars.pngD’après une dépêche de Isabelle CORTES et Simon VALMARY

PARIS, 19 mars 2009 - Un nombre record de manifestants depuis l'arrivée de Nicolas Sarkozy à l'Élysée est descendu jeudi dans la rue mais le Premier ministre, François Fillon, a écarté dans la soirée tout nouveau plan de relance, réclamé par les syndicats.


Sous un soleil printanier, entre 1,2 million (police) et 3 millions (CGT) de personnes ont défilé dans 219 manifestations à l'appel des huit syndicats (CGT, CFDT, FO, CFE-CGC, CFTC, Solidaires, FSU, Unsa). Le 29 janvier, de 1,08 million (police) à 2,5 millions de personnes (syndicats) avaient battu le pavé. Ces manifestations, qualifiées de "réussite" par les syndicats, et soutenues par la gauche, égalent les pics de mobilisation de 2006 contre le contrat première embauche (CPE), et montrent l'ampleur de l'inquiétude et du mécontentement suscitées par la crise et la saignée de l'emploi qui l'accompagne.
Le cortège parisien a rassemblé entre 85.000 personnes selon la police (65.000 le 29 janvier), et 350.000 personnes (300.000) selon la CGT. Outre les grandes villes, de Rennes (14.000 à 40.000) à Marseille (30.000 à 320.000) en passant par Bordeaux (36.000 à 100.000), l'affluence a été très forte quasiment partout, y compris dans des villes moyennes (Le Havre, Tarbes...). À Clairoix (Oise), symbole de la colère des salariés, un millier d'employés de Continental, dont la fermeture est annoncée, sont allés gonfler les rangs des manifestants à Compiègne. À Paris, les dirigeants syndicaux ont jugé, comme François Chérèque (CFDT), que le "silence complet" du gouvernement et du patronat ne devait pas être la réponse, au risque d'aggraver encore la crise sociale.

"C'est la mobilisation de M. et Mme Toutlemonde, qui expriment leur ras-le-bol", s'est exclamé Gilbert Debard (Unsa), parmi les manifestants lyonnais. "C'est maintenant qu'il faut soutenir la consommation et prendre des décisions", a déclaré Jean-Claude Mailly (FO).

"Il faut changer de cap", "Bouclier social": pancartes ou slogans invitaient jeudi le gouvernement à modifier en profondeur sa politique en faveur de l'emploi et du pouvoir d'achat.

Dans la Fonction publique, la grève a été moins importante que le 29 janvier, notamment dans l'éducation. Nombre de fonctionnaires ont défilé, comme les enseignants-chercheurs, au nombre de 100.000 dans toute la France (selon l’Unef et la FSU), la plus grosse mobilisation depuis le début du mouvement.

Les dirigeants syndicaux se retrouvent vendredi. Tous ont d'ores et déjà souligné la nécessité de "durer" et de rester unis.

© Agence France-Presse

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