17 avril 2009

Les séquestrations de dirigeants d'entreprises

La séquestration de cadres du fabricant britannique d'adhésifs Scapa, mercredi dans une usine du groupe dans l'Ain, survient après trois actions du même type ces dernières semaines en France.

Des cadres ont ainsi été retenus dans les usines Sony de Pontonx-sur-l'Adour (Landes), 3M de Pithiviers (Loiret) et Caterpillar à Grenoble en mars dernier.

Le Pdg de Sony France Serge Fouchet et trois de ses collaborateurs avaient passé une nuit enfermés dans l'usine de Pontonx-sur-l'Adour, qui doit fermer le 17 avril, retenus par des salariés mécontents des modalités financières du plan social.

Ils avaient été libérés après un accord avec le personnel, aux termes duquel Sony France s'est engagé à verser 13 millions d'euros en cas de reconversion "significative en termes d'emplois" de l'usine.

Les salariés grévistes de l'usine 3M-Santé de Pithiviers, où 110 licenciements doivent avoir lieu, avaient retenu pendant une nuit le cadre dirigeant avant de trouver un accord sur le reprise de negociations entre la direction et les représentants syndicaux.

Chez Caterpillar à Grenoble, le directeur Nicolas Polutnik et trois cadres ont été libérés le 1er avril après 24 heures de séquestration. Le conflit sur les plans sociaux de l'entreprise n'est toujours pas réglé.

© AFP, Paris, 8 avril 2009

Et le gouvernement n'agit toujours pas ! Et laisse faire les licenciements. Les séquestrations ne sont pas le fait de fous mais bien de salariés exaspérés, et désespérés... Après avoir sauvé les banques, quand sauvera-t-on les salariés ?

09 novembre 2008

Les syndicats souhaitent la mobilisation des salariés face à la crise

PARIS, 5 novembre 2008 - Les principaux syndicats, réunis mercredi, ont affirmé "que la mobilisation des salariés est un impératif" face aux conséquences sociales de la crise financière, mais en repoussant à une nouvelle rencontre, le 24 novembre, le lancement d'un mot d'ordre précis.

Les huit organisations (CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT, FO, FSU, Solidaires, Unsa) "mesurent la gravité de la situation économique et sociale et le risque qu’on fasse payer aux salariés, demandeurs d’emploi et retraités, les conséquences de la crise en particulier en termes d’emplois, de salaires et de précarité", selon un communiqué commun.

"La mobilisation des salariés est un impératif", a poursuivi le communiqué, en ajoutant que "plusieurs propositions sont en débat" sur les formes à donner à cette mobilisation. Les huit organisations "ont décidé de se revoir le 24 novembre".

"Devant l’inquiétude, l’indignation, voire l’exaspération des salariés, elles estiment de leur responsabilité d’engager un travail commun pour construire des revendications à adresser aux pouvoirs publics et au patronat (...) Elles condamnent toute politique de déréglementation et de dérégulation économique et sociale. Elles interpellent le gouvernement et le patronat pour qu’ils prennent la mesure de la situation", selon le texte.

Après près de trois heures de discussions, les participants n'ont toutefois pas caché des divergences sur le bon moment pour passer à l'action dans "un calendrier compliqué avec des mobilisations déjà prévues, les élections prud'homales qui mobilisent les militants et les fêtes de fin d'année" (CGT).

La CGT et Solidaires ont réaffirmé leur volonté de mobiliser les salariés rapidement, la première n'excluant pas de lancer ses propres "initiatives avant la fin novembre".

Marcel Grignard (CFDT) a, lui, estimé que "le bon moment, c'est le début d'année prochaine".

Force Ouvrière a rappelé sa volonté d'une journée de grève interprofessionnelle, tout en soulignant qu'il faut "prendre le temps de construire un rapport de force (...) pour une réaction solide et efficace".

La CFTC a rejoint ce point de vue estimant, par la voix de sa vice-présidente Gabrielle Simon, qu'"il faut construire une mobilisation qui serait sous la forme d'une grève mais que, à l'issue de cette grève, on fasse des propositions".

"Le fait de définir une plate-forme de revendications devrait permettre de trouver les éléments de mobilisation communs", a estimé Jean Grosset (Unsa), se félicitant de discussions "franches et loyales".

Les cinq syndicats représentatifs (CGT, CFDT, FO, CFE-CGC, CFTC) au niveau national avaient été reçus lundi à l'Elysée, avant un sommet du G20 sur la crise économique internationale. A la sortie, ils ont dénoncé la politique de "dérégulation" suivie par Nicolas Sarkozy en lui réclamant une réunion "d'urgence" sur la situation sociale en France.

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01 novembre 2008

Plus d'Etat, moins de fonctionnaires: équation impossible pour les syndicats

PARIS, 24 octobre 2008, 16h07 (AFP) - Les syndicats ont jugé vendredi contradictoire la volonté affichée par Nicolas Sarkozy de remettre l'Etat au coeur de l'économie, au moment même où, selon eux, il affaiblit son bras armé en diminuant le nombre des fonctionnaires, une équation impossible à leurs yeux.

Le président a détaillé jeudi des mesures "exceptionnelles" de soutien à l'économie, dont la création d'un fonds d'investissement public chargé d'intervenir "massivement" dans les entreprises en difficulté. "Tout concourt à ce que nous nous interrogions sur la redéfinition du rôle de l'Etat dans l'économie", a-t-il souligné, dénonçant "l'idéologie de la dictature des marchés".

Dans le même discours, évoquant les récentes manifestations de fonctionnaires, le chef de l'Etat a déclaré: "Que des gens viennent de bonne foi nous demander en réponse à la crise (...) davantage d'emplois publics, je me demande s'ils ont bien compris dans quel monde nous vivons!".

La FSU, première fédération de la Fonction publique d'Etat, lui a immédiatement reproché de "jeter une nouvelle fois les fonctionnaires en pâture à l'opinion". "A un moment où cette crise touche l'économie dite réelle, peut-on se permettre de refuser d'investir dans les services publics", a-t-elle demandé.

"Ce n'est quand même pas au moment où tout le monde dit qu'il faut un retour de l'Etat (...) qu'il faut le démanteler", a également déclaré le secrétaire général de FO Jean-Claude Mailly, en référence aux 30.600 suppressions de postes de fonctionnaires prévues en 2009.

"Est-ce que l'Etat a aujourd'hui encore les moyens de vérifier que les décisions qu'il prend sont bien appliquées?", s'est-il interrogé, soulignant que "ce n'est plus le cas aux Etats-Unis", où "les hauts fonctionnaires disent ne plus être assez nombreux pour vérifier que l'argent" débloqué par les pouvoirs publics pour faire face à la crise financière "va bien dans le circuit" prévu.

François Chérèque (CFDT) a quant à lui décrit "un Nicolas Sarkozy qui a quelques accents étatistes au niveau économique mais qui, au niveau social, s'inspire beaucoup du thatchérisme".

Pour le politologue René Mouriaux, le "volontarisme" du président "se heurte à des contradictions profondes". "Plus la société se complexifie, plus on a besoin de fonctionnaires pour répondre aux besoins croissants", a-t-il déclaré à l'AFP.

"L'allongement de la durée de vie et le nombre croissant de personnes âgées dépendantes fait qu'on a besoin de plus de personnels dans les hôpitaux, les maisons de retraite", a-t-il ajouté. De même, en matière d'écologie par exemple, "on a et on aura un besoin croissant de contrôle de la qualité de l'eau, du lait, etc".

Une situation qu'illustre un récent documentaire de France 2 sur des actes de maltraitance dans une maison de retraite.

Après avoir mis l'accent sur les sanctions qu'elle entendait infliger à l'établissement dont elle ne connaissait alors pas le nom, la secrétaire d'Etat à la Solidarité Valérie Létard a découvert qu'il souffrait de gros problèmes d'effectifs - 16 postes d'infirmiers et autant de postes d'aide-soignants non pourvus - et annoncé la création d'une "cellule de recrutement pour procéder à ces embauches".

Pour la fédération CGT des services publics, M. Sarkozy risque en outre de "garrotter les collectivités locales", avec des exonérations de la taxe professionnelle qui les finance en partie. D'un côté, on "renfloue les banques avec 360 milliards d'euros d'argent public", de l'autre on "asphyxie le service public territorial", a-t-elle déploré.

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21 octobre 2008

Des milliers de retraités dans la rue pour une hausse immédiate des pensions

PARIS, 16 octobre 2008, 19h27 (AFP) - Des milliers de retraités (plus de 60.000 selon les organisateurs, plus de 13.500 selon la police) ont manifesté jeudi dans plusieurs villes de France pour réclamer une hausse immédiate des pensions, jugeant que la crise financière justifie d'autant plus leurs revendications.

"Des sous pour les retraites, oui, oui, oui! Pour les spéculateurs, non, non, non!", ont crié des manifestants à Paris qui répondaient, comme dans 80 autres villes, à l'appel de plusieurs syndicats de retraités (CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT, FO, FGR-FP (fonction publique), Unsa, Snui-retraités ou FSU).

Ils soulignaient notamment que les pensions ont été augmentées de moins de 2% cette année, alors que l'inflation atteignait fin août 3,2% sur un an.

Certains d'entre eux insistaient aussi sur les avantages à leurs yeux du système français de retraite par répartition (les actifs payant les pensions des retraités), au moment où des salariés américains dépendant de fonds de pension sont contraints de retarder leur départ en retraite en raison de l'effondrement boursier.

Présente à la manifestation parisienne, Yvette Clément, 62 ans, ancienne surveillante d'un foyer de jeunes travailleurs, touche 215 euros par mois de pension. "On nous prend pour des abrutis, ça suffit! Un de ces jours, on va se révolter. Il faut qu'ils sachent en haut lieu que ça commence à bien chauffer!", a-t-elle déclaré.

Claude Jund, 61 ans, ancien instituteur, a rejoint les manifestants parisiens pour souligner que les retraités "ne sont pas des nantis", alors que, selon leurs syndicats, plus de 500.000 d'entre eux vivent dans la pauvreté.

A Marseille, des banderoles demandaient "une vie digne, un pouvoir d'achat correct, une Sécu efficace". "Assez payé pour la crise, à bas le capitalisme", assénait une pancarte accrochée dans le dos d'un manifestant.

"La retraite, on s'est battu pour la gagner, il faut se battre pour la garder", ont scandé de leur côté les manifestants à Lyon, dont de nombreux retraités des PTT, cheminots, ou de la métallurgie.

A Bordeaux, ils brandissaient des banderoles sur lesquelles on pouvait notamment lire: "retraités maltraités, l'Etat s'en fout, banques en difficultés, l'Etat renfloue" ou "les retraités ne veulent pas payer la facture".

"360 milliards pour les riches, rien pour les retraités!", ont scandé de leur côté des manifestants à Dax (Landes).

"Quand vous avez travaillé 42 années et demi et que vous touchez 690 euros par mois, c'est indécent", selon Josette Colasse, retraitée de la santé et syndiquée à la CGT à Lille. "Une quantité de retraités n'ont pas de mutuelle et vont sur les marchés récupérer les fruits et légumes délaissés parce qu'ils n'ont plus les moyens", a-t-elle ajouté.

"Quand les riches du CAC 40 maigrissent, ils piquent dans l'assiette des pauvres", avaient écrit sur leur banderole des manifestants à Nantes.

Des manifestations ont également eu lieu à Rennes, Nancy, Tours, Orléans, Poitiers, Dijon ou Montpellier.

"Il y a une inquiétude justifiée par rapport à la crise et moi je dis aux salariés et aux retraités, que ce n'est pas le moment de baisser la tête, parce que si vous baissez la tête, c'est vous qui allez être les sacrifiés de la crise", a déclaré de son côté Jean-Claude Mailly (FO) sur France-Info.

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20 octobre 2008

USA: avec la crise, le retour en force des coupons d'alimentation

WASHINGTON, 15 octobre 2008, 9h01 (AFP) - Le nombre de "coupons d'alimentation" distribués aux plus pauvres aux Etats-Unis a approché un record cet été et pourrait atteindre un nouveau plafond avec les répercussions de la crise financière.

Quelque 29,05 millions d'Américains ont touché des coupons d'alimentation en juillet 2008, une hausse de près d'un million de personnes en trois mois, selon les derniers chiffres du ministère de l'Agriculture, qui distribue ces tickets souvent sous forme de carte magnétique de débit, aux personnes à très faibles revenus qui en font la demande.

C'est le niveau le plus haut depuis fin 2005 où dans les trois mois qui avaient suivi le passage de l'ouragan Katrina, quatre millions de personnes supplémentaires avaient fait la demande de tickets pour se nourrir, atteignant le niveau historique de 29,85 millions.

Les statistiques du ministère de l'Agriculture ne comptent pas encore les demandes d'aide alimentaire intervenues en septembre après la débâcle des institutions et marchés financiers, qui a provoqué des suppressions d'emplois, contracté les possibilités de crédit et accéléré les saisies immobilières.

"Le programme des tickets d'alimentation est très sensible aux changements économiques. Je m'attends à ce que leur distribution continue d'augmenter pendant un certain temps", affirme James Ziliak, directeur du Centre d'études sur la pauvreté de l'Université du Kentucky.

Il évoque la conjonction de la hausse des coûts alimentaires (+6,1% en un an), de l'énergie, du chauffage et aussi du passage de l'ouragan Ike à travers le pays en septembre.

"Les coupons d'alimentation sont le pilier du filet de sécurité sociale aux Etats-Unis", souligne ce professeur à propos de ce programme institutionnalisé en 1943 et qui coûte aujourd'hui une trentaine de milliards de dollars par an à l'Etat fédéral.

Karen Johnson, 54 ans, de Hurst (Texas) explique que les 81 dollars par mois qu'elle reçoit en bons ne sont pas suffisants pour elle et sa fille de 17 ans: "Parfois je dois demander à quelqu'un de m'acheter un peu de nourriture. Je déteste ça".

Pour frapper les esprits, Jennifer Granholm, la gouverneure démocrate du Michigan (nord), un des Etats les plus durement touchés par la crise, a décidé, avec 300 autres responsables, de vivre pendant une semaine uniquement avec des coupons d'alimentation, ne se permettant pas plus de 5,87 dollars d'achats de provisions par jour, selon le bureau du gouverneur.

"J'ai déjà calculé que d'ici jeudi je n'aurais plus de quoi acheter du pain", a affirmé mardi à l'AFP le chef des services sociaux de l'Etat du Michigan, Ismael Ahmed, qui participe à ce défi. "La bonne nouvelle c'est que samedi, je ne serai plus dépendant des coupons d'alimentation, mais des millions de personnes continueront à en dépendre".

Au Congrès, les démocrates espèrent faire passer après l'élection présidentielle du 4 novembre une mesure de relance pour les familles modestes de 150 milliards de dollars.

"De manière compréhensible, tous les yeux sont rivés aujourd'hui sur la crise économique et financière et sur la manière dont elle affecte les familles modestes", souligne Brendon Roberts, membre de l'organisation The Working Poor Family Project. "Mais, la réalité vraie est que ces familles modestes américaines subissent une crise économique depuis bien plus d'un an".

Selon cette organisation, quelque 42 millions d'adultes et d'enfants, soit une famille sur quatre, ont des revenus "à peine suffisants pour subvenir à leurs besoins". Pourtant, 72% de ces familles ont du travail mais la paie d'un emploi sur cinq aux Etats-Unis (22%) reste inférieure au seuil de pauvreté.

Au total, selon le Census Bureau (Bureau du recensement), plus de 37 millions d'Américains vivent sous le seuil de pauvreté, fixé à 21.000 dollars par an pour une famille de quatre personnes, un seuil calculé dans les années 60.

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18 octobre 2008

Le capital de Karl Marx se vend bien en ces temps de crise financière

BERLIN, 15 octobre 2008, 10h49 (AFP) - Les ventes du Capital, l'ouvrage majeur de Karl Marx, sont en "claire augmentation" en ces temps de crise financière, a dit Jörn Schütrumpf de la maison d'édition Karl-Dietz-Verlag dans une interview mercredi.

"Marx est de nouveau à la mode", "la demande pour ses oeuvres est en claire hausse", a dit M. Schütrumpf au quotidien Neue Ruhr Neue Rheinzeitung.

La maison d'édition berlinoise a vendu le premier tome du livre Le Capital cette année à 1.500 exemplaires, contre par exemple 500 en 2005. "Les ventes vont continuer à augmenter davantage encore" d'ici la fin de l'année, a assuré l'éditeur.

Les lecteurs sont issus d'"une jeune génération d'érudits qui a dû reconnaître que les promesses néo-libérales ne se sont pas réalisées", a-t-il souligné.

Le ministre allemand des Finances Peer Steinbrück en personne avait fait référence à Marx fin septembre dans le cadre de la crise financière.

"Certaines parties de la théorie de Marx ne sont pas si fausses" comme celle que le capitalisme finit par s'auto-détruire à force d'avidité, avait-il dit dans une interview à l'hebdomadaire Der Spiegel.

Karl Marx, né en 1818 à Trèves en Allemagne, était un philosophe célèbre pour sa critique du capitalisme et sa vision de l'histoire comme résultat de la lutte des classes, à l'orgine du marxisme.

En 1867, il a publié le premier tome de son ouvrage majeur Le Capital, dans lequel il entendait démontrer les contradictions du capitalisme. Il a laissé des brouillons des deux tomes suivants avant de mourir en 1883 à Londres.

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17 octobre 2008

Banques : Thibault (CGT) s'étonne de la facilité de l'Etat à trouver 360 mds

 

Il fallait bien qu'on en parle : quand les gens ont faim, n'ont plus de boulot, de logement, etc. on leur dit qu'il n'y a pas de sous dans les caisses, et puis... là MAGIE : 360 milliards ! Sachant qu'on est en train de privatiser la Poste parce que c'est censé être GÉNIAL le privé... c'est étonnant qu'on "nationalise" les banques, non ?

PARIS, 13 octobre 2008, 18h11 (AFP) - Le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault s'est étonné, lundi sur France Info, que "l'Etat, comme d'autres Etats européens" soit "capable d'assurer des garanties à la hauteur de 360 milliards d'euros", alors qu'il faisait état il y a peu de difficultés budgétaires.

"Il y a quelques semaines seulement, on nous a expliqué qu'il fallait privatiser La Poste parce qu'elle avait besoin de 3 milliards d'euros qui n'étaient pas disponibles dans le budget de l'Etat" et "les polémiques sur le financement du RSA (revenu de solidarité active) concernaient un peu plus d'un milliard d'euros", a-t-il rappelé.

"Examinez bien les engagements, il y a un paramètre qui reste intangible, intouchable, c'est le retour sur investissement que touchent les actionnaires" a-t-il dit. "C'est +pile je gagne, face tu perds+. Ca ne peut pas fonctionner comme ça, surtout au regard des conséquences sociales qui sont prévisibles".

"J'ai largement l'impression qu'on ne reconnaît le rôle de l'Etat qu'en tant que pompier", a-t-il regretté.

"On ne peut pas se satisfaire de remettre une pièce dans la machine --une pièce épaisse, 360 milliards d'euros c'est quand même très conséquent-- simplement pour faire repartir une machine en l'état. Cette machine est malade", a déclaré M. Thibault.

"Nous préférerions qu'on s'interroge sur la manière dont la puissance publique peut intervenir (...) pour aider des investissements productifs, remettre du social dans la gestion des entreprises", a-t-il poursuivi.

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16 octobre 2008

La crise financière redonne toute sa force à la retraite par répartition

PARIS, 8 octobre 2008, 17h59 (AFP) - L'actuelle crise financière "redonne toute sa force" à la retraite par répartition, alors que "les fonds de pension anglo-saxons sont dans l'oeil du cyclone" et que des "millions de retraités risquent d'être réduits à la misère", a estimé mercredi la CGT-retraités.

La crise actuelle est "le résultat de toute la logique économico-financière mise en oeuvre depuis 25 ans à l'échelle mondiale comme en France", écrit-elle dans un communiqué.

"Les retraités sont inquiets; ils craignent que, demain, l'accès aux services publics, aux soins, au logement, à la maison de retraite, à l'aide à domicile soit plus difficile. Ils sont inquiets pour l'épargne +destinée à leurs vieux jours+ quand ils en ont !", ajoute-t-elle.

Pour la CGT-retraités, "cette crise financière redonne toute sa force à notre système de retraite par répartition. Tous ceux qui prônaient la retraite par capitalisation comme moyen providentiel pour régler la question des retraites face au défi démographique doivent déchanter".

"Les fonds de pensions anglo-saxons sont dans l'oeil du cyclone, combien de millions de retraités risquent d'être réduits à la misère ?", poursuit-elle.

Les fonds de retraite aux Etats-Unis ont fondu de quelque 2.000 milliards de dollars ces 18 derniers mois, selon un rapport du bureau du budget du Congrès (CBO) publié mardi. Le directeur du CBO, Peter Orszag, a jugé "possible" que des salariés dépendant de fonds privés très affectés par l'effondrement des valeurs boursières "soient contraints de retarder leur départ à la retraite".

dmc/jba/sd  © 1994-2008 Agence France-Presse

Le B.a.ba du Krach

Pour comprendre un peu mieux ce qui se passe... + un rappel historique

PARIS, 8 octobre 2008, 17h38 (AFP) - Le krach boursier, dont la notion refait son apparition sur les marchés, est une baisse soudaine et précipitée des actions touchant une place financière ou plusieurs d'entre elles.

L'une de ses caractéristiques principales est l'effet panique qui voit les investisseurs tous vendre en même temps, créant ainsi une spirale infernale.

Il n'y a pas de définition économique précise d'un krach mais, dans la pratique, cette expression s'applique à une baisse des cours de plus de 20% en quelques jours.

Les fortes chutes observées sur les marchés ces derniers jours s'approchent de ce niveau, alimentant les comparaisons avec les précédents historiques de 1929 et 1987.

Mais ces deux événements étaient très différents. L'activité a ainsi rapidement reprise après le krach d'octobre 1987, alors que la "Grande Dépression" de 1929 s'est traduite par plusieurs années de récession économique, de chômage et de misère suivies par la Deuxième Guerre Mondiale.

L'effondrement des marchés boursiers en octobre 1929 a fait suite à l'explosion d'une bulle spéculative. Des millions d'Américains avaient acheté des actions par le biais de fonds d'investissement, les "trust funds", qui se sont écroulés les uns après les autres.

Le lundi 28 octobre 1929, l'indice Dow Jones de la Bourse de New York s'effondrait de 13%, avec une nouvelle chute de 12% le lendemain (le "mardi noir"). A la fin novembre, il avait perdu la moitié de sa valeur et continuait à chuter les mois suivants. A son nadir, au milieu de 1932, il avait perdu près de 90% par rapport à ses niveaux d'avant le krach et ce n'est qu'en 1954 qu'il parviendra à les dépasser à nouveau.

Ce n'est qu'après la fin du second conflit mondial, en 1945, que l'économie internationale retrouvera le chemin d'une croissance durable, jusqu'aux hoquets des années 70 et au nouveau krach de 1987.

C'est cette année-là, encore un lundi d'octobre, le 19, que Wall Street s'effondre avec une chute de 23% de son indice Dow Jones sur une seule séance, la plus forte jamais enregistrée sur cette place à ce jour. La plupart des marchés mondiaux suivent le mouvement.

Mais ce krach, aggravé par des problèmes de traitements informatiques des ordres, fut sans lendemain. Les indices rebondirent rapidement, et deux ans plus tard le Dow Jones revenait à ses niveaux d'avant krach.

Plus récemment, les Bourses mondiales ont connu des moments difficiles en 1997 lors de la crise asiatique, en 1998 lors de l'effondrement du fonds spéculatif LTCM dans le sillage de la crise russe, en 2000 lors de l'éclatement de la bulle internet et en 2001 après les attentats terroristes de septembre aux Etats-Unis mais sans que ces baisses ne se prolongent dans le temps.

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La crise financière fait tâche d'huile dans l'économie réelle

PARIS, 8 octobre 2008, 16h23 (AFP) - Immobilier, automobile, restauration ... La crise ne se cantonne plus au secteur financier, mais gagne secteur après secteur l'économie réelle via une raréfaction du crédit.

Dernier exemple en date: les prix des logements anciens, après plusieurs années fastes, ont baissé de 2,9% au troisième trimestre, selon des chiffres publiés cette semaine par la Fédération nationale de l'immobilier (Fnaim).

Avec la tourmente financière, "les banques prêtent moins, et à des taux plus élevés", explique Nicolas Bouzou, analyste chez Asteres, ce qui rend plus difficile l'acquisition d'un logement.

Autre secteur qui devrait être touché dans les mois à venir: l'automobile, alors que les ventes de véhicules neufs sont pour l'instant en hausse. La crise "va compliquer les gros achats, comme une voiture", commente Alexander Law, analyste chez Xerfi.

La crise n'a pas pour seule conséquence un report des achats les plus importants: les Français, qui souffrent déjà de la baisse de leur pouvoir d'achat, sont devenus plus prudents au quotidien et taillent dans les dépenses jugées secondaires.

Les professionnels de la restauration constatent une forte baisse de la fréquentation, tandis que le volume des ventes de produits de beauté et de parfums a baissé cet été, selon une étude du cabinet NPD.

"La consommation des ménages va être très affectée, les gens vont faire des arbitrages", en se tournant par exemple vers le hard discount pour l'alimentation, estime M. Law.

Conséquence de cette moindre propension à consommer, les entreprises souffrent, d'autant qu'elles sont elles aussi victimes du durcissement des conditions du crédit.

Comme les particuliers, elles cherchent à réduire certains budgets: les dépenses publicitaires devraient ainsi augmenter moins fortement en 2008 et en 2009 que l'an dernier, prévoit l'agence ZenithOptimedia.

L'incertitude actuelle "incite tout le monde à l'immobilisme", estime M. Law. "Les projets d'investissement sont repoussés", renchérit M. Bouzou.

Les investissements des entreprises devraient marquer le pas jusqu'à la fin de l'année, après avoir déjà baissé au deuxième trimestre, selon l'institut national de la statistique (Insee).

Certains secteurs devraient toutefois être épargnés dans un premier temps, comme les télécoms, où les gens sont liés par abonnement, ou encore la santé, avec des dépenses incompressibles, selon Alexander Law.

"Les conséquences sur l'économie réelle pourraient être encore plus fortes" si les banques décidaient de fermer complètement le robinet du crédit, avertit Eric Dubois, chef du département conjoncture à l'Insee, pour lequel cela n'a pas encore été le cas jusqu'à fin septembre.

Mais pour Karine Berger, analyste chez Euler Hermes SFAC, la situation s'est durcie depuis. "Cet argent est en train de manquer", souligne-t-elle.

Les effets de la crise financière se font déjà sentir au niveau du marché du travail. Le nombre de chômeurs inscrits à l'ANPE a bondi de plus de 41.300 en août.

"L'emploi intérim a commencé à plonger au deuxième trimestre" et les transformations de CDD en CDI se font plus rares, ajoute M. Bouzou. Sans compter les mises au chômage technique, comme celle prévues dans les usines PSA Peugeot Citroën de Sochaux (Doubs) et Mulhouse (Haut-Rhin) au troisième trimestre. "Cela va certainement se prolonger par des licenciements économiques", avertit-il.

"Le troisième trimestre va être très très dur en matière d'emploi", prévient Karine Berger. Et selon M. Bouzou, ces difficultés devraient se prolonger après la sortie de crise, vue pour fin 2009, début 2010.

laf/mw/sh  © 1994-2008 Agence France-Presse