11 mai 2008

Vous avez dit droit de grève ?

Des grévistes collés, exclus et menacés

Libération - samedi 10 mai 2008

Le mouvement lycéen a été marqué par un renforcement des sanctions à l’encontre des élèves grévistes et bloqueurs. «Cela devient quasi-systématique, explique Léo Moreau, vice-président de l’UNL, nous avons près d’un millier de cas dénombrés pour l’instant.» Des pressions ont aussi été exercées en amont pour décourager les élèves de manifester. Sarah, en première au lycée Emile-Dubois à Paris, a été menacée par son proviseur d’être «rayée» des listes du bac de Français. Idriss, en seconde à Aubervilliers (Seine-Saint- Denis), a reçu un courrier de son proviseur, qui le menaçait de saisir la CAF, en raison de ses nombreuses absences dues aux manifestations. Sans oublier les heures de colle, les exclusions provisoires, ou définitives et les poursuites en justice. D’autres mesures ont contrarié le mouvement, comme le refus de laisser les assemblées générales se tenir dans l’enceinte des lycées.

Camille Stromboni

09 mars 2008

Ahlala on a encore raté le test !

Les universités françaises font encore pâle figure dans le classement de Shangaï. Vous pourrez lire à ce sujet l'article "Universités : un classement  pointe le retard français" paru dans le Figaro du 26 février dernier (cliquez ici).


Et pourquoi ce "mauvais résultat" ? Qu'est-ce qui ne va pas dans l'enseignement universitaire français ? En somme, quels sont les critères de ce classement ? «C'est un classement sur la performance académique pure», explique Jean-Pierre Finance, président de la Conférence des présidents d'université. Ce qui signifie que lorsque l'on dit que l'université française est à la traîne c'est en premier lieu parce que ses enseignants n'ont pas décroché assez de prix Nobel ou autres médailles de Fields, et parce qu'ils n'ont pas publié assez de recherches... en langue anglaise, bien évidemment. La réussite scolaire et l'insertion professsionnelle? Jamais entendu parler !

Au fait, la LRU n'est-elle pas censée remédier à ce "retard français"? N'était-ce pas l'un des arguments de notre chère ministre ? Et bien, peut-on savoir comment l'autonomie financière des universités et l'entrée des entreprises à la fac vont permettre à nos chercheurs d'obtenir des prix Nobel ?

 

26 février 2008

Les entreprises sont entrées aux conseils des universités

501632910.JPGÇa y est c'est fait...

Le Figaro -  10/02 - Aude Sérès

"La loi sur l'autonomie des établissements universitaires prévoit la participation d'au moins un représentant du monde de l'entreprise dans les conseils. Veolia, Michelin ou L'Oréal ont déjà franchi le pas. (...)" Lire la suite

24 février 2008

Le service public menacé

17c2d8d0caabd40f039b6fbb620ba211.jpgExtrait d’un article intitulé «Les services publics en ligne de mire» - publié dans Libération 21/11/07

« Loin d’être une nouvelle poussée de l’éternelle rébellion de la jeunesse, la mobilisation des étudiants a ceci d’original qu’il s’agit d’un mouvement porté par les usagers du service public eux-mêmes. Par leurs revendications, les étudiants mettent le doigt sur les ambiguïtés de l’autonomie ainsi proclamée par la loi. Sera-t-elle plus autonome cette université qui devra compter sur les fonds privés plutôt que le financement par l’impôt, garant de la solidarité nationale? Seront-ils plus autonomes ces étudiants qui devront bientôt s’acquitter de droits d’inscription plus élevés? Seront-ils plus autonomes ces enseignants-chercheurs dont le recrutement et les activités pédagogiques et scientifiques seront davantage contrôlés par leur hiérarchie administrative et par les financeurs ? Et ces personnels administratifs et techniques menacés par l’externalisation de leurs activités ? En place d’autonomie, c’est plutôt une forte hétéronomie que promeut la loi LRU en resserrant les pouvoirs dans les mains de quelques mandarins, chefs d’entreprise ou notables. »

A l’initiative du collectif contre la LRU du campus Jourdan (ENS/EHESS/Ecole d’économie de Paris).
Quelques signataires :
Christian Baudelot, sociologue, professeur émérite à l’ENS
Stéphane Beaud, sociologue, professeur à l’ENS
Florence Weber, sociologue, professeur à l’ENS
Jérôme Bourdieu et Muriel Roger, économistes, Inra et Ecole d’économie de Paris.
Bruno Amable, économiste, professeur à l’université Paris I
Dominique Lévy, économiste, directeur de recherche au CNRS, Ecole d’économie de Paris

31 janvier 2008

La désinformation autour de la LRU

Voici une réaction à l'intervention de l’universitaire et écrivain Françoise Asso sur le non-traitement médiatique du mouvement anti-LRU (Libération du 21 janvier)

(publiée sur le blog du Contre-Journal)

«Je suis universitaire, en lutte contre la LRU, et je suis loin d’être le seul à avoir constaté ce désintérêt des médias, et au-delà, l’espèce de haine qui sévit contre les étudiants et, plus globalement, contre le monde universitaire et les intellectuels. Cette haine, qui s’exprime à l’envie sur les forums de Libé, sur ceux du Monde, ou ailleurs, se nourrit de l’ignorance de ceux qui la portent et de la permissivité dangereuse des dispositifs médiatiques qui, au nom d’une vision selon laquelle chacun pourrait - et devrait - s’exprimer sur des sujets pour lesquels il n’a aucune connaissance, mais seulement une "opinion", laisse passer tout le flot de l’éristique de bazar du Net, toute la récrimination de ceux qui plongent tête baissée dans le "tous contre tous" de l’idéologie libérale. Le plus inepte de ces faux débats repose sur l’argument selon lesquels on ne devrait pas s’opposer sans proposer. Ceci est à la fois un raisonnement spécieux (s’opposer est une proposition : ne serait-ce que le refus de voir supprimer des dispositifs démocratiques à l’université au nom des valeurs portées par l’université) et un argument mensonger, puisqu’il y a énormément de contre-propositions qui n’ont jamais été discutées publiquement (à cause de la censure, justement).

Pour répondre à la question de savoir pourquoi les journalistes ont refusé de laisser la parole aux universitaires, il y a tout le problème de la disparition du journalisme d’investigation en France et de la formation (catastrophique) des professionnels des médias par ces officines liées au monde politique et au marché que sont les IEP [Institut d’études politiques] et le Celsa [école des hautes études en sciences de l’information et de la communication]. Là, on ne s’intéresse plus aux contenus (des débats, de la culture, de la connaissance), mais à la seule mise en scène du spectacle de la politique spectacle ; aux seuls jeux d’acteurs, comme si les acteurs sociaux pouvaient ne se mobiliser que comme on monte sur la scène d’un théâtre de boulevard, sans avoir d’enjeux éthique à défendre, de visions construites et étayées de la société à porter, ou sans avoir de savoirs à avancer en réponse à l’ignorance de l’actuel gouvernement et de ses cuistres.

Plus encore, ce journalisme de non-investigation est formé à la servilité face au monde politique et à des visions a-critiques et a-historiques de la société.»

La désinformation autour de la LRU (2)

Deuxième réaction :

«Les universités françaises ne seront jamais bien classées car le but de ces classements est de promouvoir les universités anglo-saxonnes. Les critères de validité de ces classements ont d’ailleurs été dénoncés au sein même de ces pays, par le groupe Anapolis aux USA, ou par Peter Wills en Nouvelle-Zélande (université d’Auckland) qui a mis en cause le caractère parfaitement spécieux des critères du Times Higher Education Supplement, lesquels ont permis l’autopromotion des universités australiennes. Changez les critères (linguistiques entre autres) comme l’ont fait les Mines et vous trouverez alors une grande majorité d’écoles françaises dans ces classements. Ce que montrent ces critères n’est rien d’autre que la limite de leur validité et leur utilisation à des fins idéologiques.

Sur la reconnaissance des diplômes : faut-il mécaniquement incriminer l’université de ne savoir s’adapter aux supposés besoins du marché, alors que celle-ci a déjà fait de grands pas vers la professionnalisation ? Savez-vous que dans le monde anglo-saxon la "professionnalisation" des diplômes, hors MBA [master of business administration, ndlr], est quasi nulle mais qu’au contraire le monde de l’emploi reconnaît beaucoup plus la valeur des diplômes, y compris en LSH (Lettres sciences humaines), et recrute bien plus facilement qu’en France les titulaires de ces diplômes. Ne faudrait-il pas plutôt dénoncer ce conservatisme de nos entreprises et réviser cette paresse de la pensée, ces réflexes spontanés qui consistent à, systématiquement, jeter la pierre sur les universités et, a contrario, à parer de toutes les vertus "l’entreprise", un monde dont les prosélytes, à l’université, ignorent la plupart du temps tout, et dans lequel ils n’ont jamais mis les pieds ?

De grâce, épargnez-nous aussi de reproduire la propagande du gouvernement, relayée en effet par les principaux médias, qui assimile la lutte anti-LRU à des initiatives d’extrémistes antidémocratiques. Cela ne résiste pas aux faits, et ce n’est pas le blocage d’un ou deux campus contre les résultats des urnes (avec à chaque fois des circonstances atténuantes) qui autorise de jeter l’opprobre sur tout le mouvement étudiant dans une quarantaine de campus où les blocages ont été organisés démocratiquement par vote.»

22 janvier 2008

Et maintenant, le Medef au lycée ? (1)


Nouvelle attaque contre l’enseignement des sciences économiques et sociales dans les sections ES des lycées : des réactions après l’article du Figaro du 15/01/08 (Les manuels scolaires en accusation : à consulter sur le site du Figaro). A quand l’entrée du MEDEF dans la confection des manuels et pourquoi pas des programmes de lycée ?


Une réponse d’un professeur de sciences économiques et sociales à l’article du Figaro

Guy GIANI - Professeur de Sciences Économiques et Sociales - Lycée Carnot - Cannes
jeudi 17 janvier 2008

Ci-dessous le texte que j’ai envoyé dans la rubrique Commentaire d’article du Figaro.fr

Madame ou monsieur,

Votre journal participe d’une entreprise de désinformation qui ne vous honore pas. Les responsables de l’APSES (Association des professeurs de SES) ont déjà répondu aux accusations des représentants du Medef (M. Michel Pébereau, M Thibaut Lanxade) qui sont sans fondement autre qu’idéologique. Ils ont montré que l’enseignement des SES centré sur l’entreprise représentait près de 40% des items du programme. Pourquoi ne sollicitez-vous pas un responsable de l’APSES ? Il vous montrera que les manuels reflètent assez bien cette réalité. Que souhaite votre journaliste, Aude SERES ? Que nous présentions l’entreprise comme une institution idyllique dans laquelle tous les acteurs se tapent dans le dos ? Ce n’est pas la réalité. Les travaux de sciences sociales n’ont pas pour vocation de nier le réel mais d’en rendre compte. Ils sont donc contraints de constater l’existence de conflits. (...)

Lire la suite : http://www.apses.org/spip.php?article1027

 

Et maintenant, le Medef au lycée ? (2)

Edito de Philippe Watrelot dans sa revue de presse du 15 janvier 2008


Imaginez que le syndicat des viticulteurs soit mécontent de la manière dont les programmes de SVT traitent de la question du vin, présenté de manière défavorable dans les manuels et n’insistant pas assez sur ses bienfaits et ses vertus. Il créerait un institut pour promouvoir ses vues et, à l’aide de stages et de communiqués de presse, essayerait de faire évoluer les programmes et les manuels dans un sens conforme à ses intérêts. Imaginons aussi que des nostalgiques de la colonisation jugent que les programmes d'histoire ne mettent pas assez en avant les aspects positifs de la colonisation et parviennent à faire voter au parlement un amendement enjoignant les profs d’histoire à aller dans ce sens. Dans ces deux cas, pas si difficiles que cela à imaginer puisqu’ils s’appuient sur des faits réels, on peut penser que cela entraînerait des protestations énergiques contre cette influence des groupes de pression sur la rédaction des programmes et des manuels...
Toutes proportions gardées, c’est ce qui est en train de se passer avec cette nouvelle attaque contre les sciences économiques et sociales accusées (...)

Lire la suite : http://www.apses.org/spip.php?article1016

08 janvier 2008

La question des AG étudiantes

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Lors des derniers mois on a entendu beaucoup de commentaires sarcastiques sur les assemblées générales qui se déroulent à la fac. Dont beaucoup de choses complètement fausses...

Avant tout, il ne serait pas inutile de rappeler quelques points sur le fonctionnement de la démocratie en France.

Universités, le grand soir

Peut-être en avez-vous eu d'une manière ou d'une autre quelques échos : depuis le mois d'octobre 2007, les étudiants sont mobilisés contre la LRU (Loi pour les libertés et les responsabilités des universités, dite "loi Pécresse").

Nous vous proposons quelques éléments pour mieux comprendre les effets de cette loi, à travers un film de "L’autre campagne" et "Sauvons la Recherche Paris", réalisé par Thomas Lacoste.

http://www.sauvonslarecherche.fr/spip.php?article1744

"Régulièrement les gouvernements de droite comme de gauche rêvent de prendre le contrôle sur l’Université et de transformer la Recherche en un vaste bureau d’études (...)"